1. Origine et descriptif du genre Catasetum :

    • Classification
      Sous famille des Epidendroideae supérieurs
      Tribu : Cymbidieae (sympodiale , 2 pollinies)
      Sous-tribu : Catasetinae qui renferme Catasetum , Clowisia , Cycnoches , Dressleria et Mormodes . Etaient autrefois dans cette même sous-tribu et classés maintenant dans Cyrtopodiinae : Cyrtopodium , Galeandra and Grobya
    • Le nom :
      Le nom de Catasetum vient du grec cata = bas et du latin setum = soie, à cause de deux appendices en forme de soies sur les fleurs mâles de la plupart des espèces. Il fut introduit par Kunth en 1822 .
    • Description :
      L’espèce type est Catasetum macrocarpum . Macrocarpum signifie « à gros fruits » car les botanistes furent surpris par la taille de ces derniers . Mais toutes les espèces ont cette caractéristique qui n’est pas réservée à cette espèce .
      La quasi-totalité des espèces sont épiphytes .
      Elles ont des pseudo-bulbes fusiformes , à plusieurs entre-nœuds , serrés sur le rhizome avec deux à douze feuilles distiques , plissées , articulées et caduques, de grande taille comparée à celle des pseudo-bulbes .
      L'inflorescence naît à la base d'un pseudo-bulbe et dure de 2 à 4 semaines. Elle peut atteindre jusqu'à 1m , érigée , arquée ou pendante. Les fleurs très originales et parfumées sont souvent grandes, au nombre de 1 à 20 ou plus.
      La grande caractéristique de ce genre est l’existence de fleurs mâles et de fleurs femelles sur des pieds différents . Ces fleurs ont des allures très différentes . Pétales et sépales sont libres . Le labelle est en forme de sac . Les pollinies sont très grosses , longues et flexueuses , avec viscidium et stipe. Elles sont projetées par la plante quand un insecte pollinisateur vient à toucher la gâchette
    • Distribution :
      Le genre Catasetum renferme environ 130 espèces différentes, réparties du Mexique à l’Argentine . Le maximum de variétés se trouve au Brésil .
    • Ethnobotanique :
      Au Mexique , on utilise les pseudo-bulbes de Catasetum integerrimum pour enduire les cordes des archers , et en cataplasmes contre les furoncles
    • Particularités botaniques :
      Les Catasetum sont des plantes de forêt nuageuse aux altitudes intermédiaires vers 1000 à 1500 m . Les graines germent sur les petits arbres dans les clairières très lumineuses . Au début , la plante va grossir et accumuler un maximum de réserves . Elle pourra donc fournir des fleurs femelles et sera en mesure d’amener à maturité ses énormes fruits .
      Au fur et à mesure que les arbres grandissent , la plante ne pouvant pas se déplacer va se retrouver dans une ombre de plus en plus dense , elle reçoit donc de moins en moins d’énergie . Elle ne pourra pas nourrir un énorme fruit , et elle se contente donc de produire des fleurs mâles moins gourmandes en énergie .
      Pour ce qui est de la pollinisation , les grandes fleurs mâles , colorées et parfumées , attirent les insectes . Quand l’un d’eux se pose sur le labelle , il va heurter une des soies qui prolongent la colonne . Ceci déclenche alors un mécanisme qui projette très fortement les deux pollinies . C’est pourquoi ces orchidées sont nommées orchidées arbalète par les anglo-saxons . Au cours de ses visites , l’insecte pourra alors déposer ces pollinies sur le gynostème d’une fleur femelle .
      Autant les fleurs mâles sont colorées (et très variables en couleur à l’intérieur d’une même espèce) autant les fleurs femelles sont ternes et très semblables d’une espèce à l’autre . Du fait de cette grande variabilité des fleurs mâles , les critères à utiliser pour les reconnaître sont surtout la forme et la taille des cals situés sur le labelle , ainsi que la forme de celui-ci .
  2. Culture des Catasetum :

    • Support et substrat :
      Bien que l'on puisse les cultiver sur plaque, il est largement préférable de les mettre en pots de terre assez hauts avec une couche de drainage au fond du pot car elles nécessitent de copieux arrosages durant la période de végétation , et les hampes florales risquent de déstabiliser les pots . On peut former un bon substrat avec 50% d’écorce de pin (la décomposition fournira les nutriments) , 20% de sphagnum (qui retient l’humidité) mélangé à du polystyrène expansé (15% , pour le drainage) , un peu de charbon de bois (15% , empêche le développement des bactéries pendant la période où on arrose fortement) et quelques grains de dolomie .
    • Température :
      Ces plantes vivent en altitude dans les pays tropicaux , ce qui correspond à une serre tempérée . Elles n’apprécient cependant pas de descendre en dessous de 10 °C la nuit .
      Attention en été de ne pas laisser la température trop monter car les larges feuilles transpirent beaucoup , et la plante risque la déshydratation . Il faut alors arroser beaucoup autour des plantes pour maintenir une température aussi faible que possible et une forte hygrométrie
    • .Lumière :
      Elle doit être de 10.000 à 20.000 lux, ce qui correspond à une lumière tamisée, mais sans soleil direct . Si vous voulez des plantes donnant des fleurs femelles , il faudra beaucoup de lumière , mais elles sont beaucoup moins belles , et les amateurs préfèrent obtenir des fleurs mâles . En hiver , elles peuvent être en plein soleil car elles ont perdu leurs feuilles . Mais la chaleur reçue amorcera le redémarrage de la végétation après la période de repos .
    • Arrosage :
      Ils se font à l’eau de pluie , abondamment et régulièrement pendant la croissance, beaucoup moins fréquemment à l’automne et pratiquement pas en hiver pour respecter la période de repos. Elles doivent être tenues au sec pour le repos hivernal , après la chute des feuilles et la défloraison . Quand les premières racines et la nouvelle pousse se forme en février mars , on reprend très doucement les arrosages (par le dessous , en trempant le pot dans un peu d’eau) car des arrosages trop abondants dès le départ favorise la pourriture de la jeune pousse . Comme pour les autres orchidées il ne faut pas laisser d'eau à la base du pot ni surtout dans le coeur des feuilles.
    • Hygrométrie et aération :
      L’hygrométrie optimale est de 50 à 60 % . Une bonne ventilation est fortement conseillée, pour éviter la pourriture . Mais elles supportent mal les courants d’air . Il ne faut pas les placer près des aérations . Il faut augmenter l’hygrométrie en période de forte chaleur pour éviter la déshydratation des feuilles tendres . Ne pas brumiser sur les feuilles qui sont sensibles aux attaques de pourriture si elles ne sèchent pas très rapidement .
    • Fertilisation :
      Ces plantes sont assez gourmandes . Il faut bien nourrir les pseudo-bulbes pour obtenir des floraisons abondantes . Fertiliser à mi-dose à chaque arrosage ; ou à dose normale toutes les 2 semaines, en intercalant un rinçage sans engrais une fois sur 3 . En hiver l’apport d’engrais doit être supprimé.
    • Rempotage :
      Il doit se faire tous les deux ans environ .
      Pour effectuer un rempotage il est préférable d'attendre la fin de la floraison et le début de la reprise de la végétation (apparition des nouvelles racines , souvent vers février mars).
    • Sortie à l’extérieur :
      Elles apprécient de sortir de mai-juin à septembre , sous un arbre à ombre légère.