Origine et descriptif du genre Maxillaria
  • Le nom :
    Le genre Gongora fut fondé en 1794 par Ruiz et Pavon.
    Ce nom ferait allusion à la forme d’un maxillaire d’insecte que formerait la base de la colonne et des deux sépales latéraux
  • Description :
    Ce genre comporte environ 500 espèces essentiellement épiphytes à croissance sympodiale.
    En voici une description assez générale :
    Les racines souvent filamenteuses forment un chevelu assez dense quand les plantes sont cultivées en pot . Elles sont assez fragiles et craignent les excès d’engrais .
    Le rhizome possède des entre-nœuds de longueur très variable . Quand il est court , les pseudo-bulbes donnent l’impression de jaillir d’un même point et se courbent , donnant une plante à caractère cespitueux . Le rhizome est couvert d’écailles engainantes qui deviennent très vite membraneuses , sauf parfois quand l’entre-nœud est moyen , elles peuvent garder leur caractère feuillu , ce qui donne à la plante un aspect très touffu .
    Les pseudo-bulbes portent aussi fréquemment des écailles à la base, et se terminent par 1 à 3 feuilles de texture très diverse.
    Quand la plante vit sur les grosses branches ombragées des forêts humides , elles sont presque ovales , assez larges , carènées , avec la nervure très marquée sur la face inférieure . Si la plante pousse à l’ombre légère , elles deviennent plus petites et peuvent ressembler aux feuilles de nos graminées . Enfin certaines plantes poussent en plein soleil , les feuilles deviennent alors très étroites et épaisses , ressemblant à celle de bien des plantes succulentes , et les pseudo-bulbes deviennent alors petits en proportion .
    L’inflorescence démarre en général de la base des pseudo-bulbes , mais pour certaines espèces très florifères , il en démarre également de la base des écailles de l’entre-nœud . Elle est généralement monoflore , couverte elle aussi d’écailles engainantes , et l’ovaire des fleurs est enveloppé par une bractée importante .
    Sépales et pétales latéraux sont souvent de la même couleur , mais ce n’est pas toujours la même à l’intérieur et à l’extérieur . Les sépales sont toujours plus larges que les pétales , et le sépale supérieur est rabattu au dessus de la colonne pour la protéger .
    La colonne n’est pas ailée , souvent arquée , en forme de massue , et sa base déborde plus ou moins de l’ovaire . C’est sur cette excroissance que viennent se fixer les sépales latéraux , formant une sorte de menton comme pour les Dendrobium . Le labelle est très souvent trilobé , avec les lobes latéraux relevés qui forment une sorte de tunnel que devra traverser l’insecte pollinisateur pour parvenir aux nectaires . Un cal sur le labelle empêche l’insecte de se retourner et impose ainsi une bonne orientation pour la fixation des pollinies .
    Les pollinies , jaunes , formant deux paires de tailles différentes , sont fixées sur le viscidium par un pied très court et trappu ; Le viscidium est très souvent en forme de demi-lune , ou même de forme oméga (W) .
  • Distribution :
    Le genre Maxillaria renferme environ 500 espèces différentes, réparties du sud du Mexique jusqu'à l’Argentine , le Brésil , la Guyane , les îles Caraïbes et la Louisiane , englobant toute la partie intertropicale de l’Amérique. Du fait de cette diversité géographique, certains vivent dans les forêts chaudes en bord de mer, d'autres en altitude jusqu’à 3000m dans les Andes. Si on porte sur une carte le nombre d’espèces dans chaque pays , on constate que c’est l’Equateur qui est au cœur de ce domaine de répartition , car ce sont essentiellement des plantes qui poussent dans les forêt nébuleuses de montagne .
     Maxillaria
  • Historique :
    Nous portons ici le nombre d’espèces décrites par tranche de 10 années . On constate que les premières découvertes sont assez tardives par rapport à la colonisation de l’Amérique du sud . Elles sont dues à Ruiz et Pavon , puis Lindley et Reichenbach . Celles des années 1920/1930 sont dues surtout à Ames et Schlester . La dernière série provient des inventaires de biodiversité entrepris à la fin du siècle dernier pour développer des zones de protection . Ce sont essentiellement les travaux de Dodson et Christenson .
     Maxillaria
  • Ethnobotanique :
    Nous n’avons trouvé qu’un « jus » fabriqué à partir des pseudo-bulbes de Maxillaria bicolor utilisé par les indiens . Espérons que le jus n’a pas le « parfum » de la fleur!

Culture des Maxillaria :


  • Support et substrat :
    On peut bien sur cultiver sur plaque les espèces de petites taille . On peut alors utiliser des plaques de liège ou de bois , mais cela nécessitera des brumisation une fois par jour , et plusieurs fois les jours de chaleur en période de croissance . On peut aussi utiliser des plaques de laine de roche ou de laine de lin bloquée dans du grillage à maillage assez petit , à condition qu’elles ne soit pas traitées pour devenir hydrofuges. On doit alors diminuer la fréquence des arrosages .
    Il est largement préférable de les mettre en paniers suspendus pour les espèces qui possèdent des hampes florales pendantes , ou en pot en règle générale .Le substrat doit à la fois ne pas sécher entre les arrosages , mais être bien drainant pour ne pas risquer la pourriture des racines On peut former un bon substrat bien drainant à base d’écorce de pin et de billes d’argile expansée , et y ajouter 10% de sphagnum ou de tourbe fibreuse pour maintenir l’humidité . Certains n’utilisent que de la tourbe fibreuse et du spagnum . Si vous avez la main lourde pour les arrosages , n’hésitez pas à rajouter un peu de charbon de bois .
  • Température :
    Selon que ces espèces poussent plus ou moins près de l’équateur , et plus ou moins bas en altitude , on les cultivera depuis les conditions chaudes jusqu’à tempéré froid (voir espèce par espèce). Cependant , en période de croissance , la température peut monter le jour jusqu’à 30°C sans problème (même celles de serre froide) , ce qui permet de les cultiver en extérieur pendant tout l’été (15 juin 15 septembre) . Si possible , il faut respecter un écart diurne de 7/8°C environ toute l’année .
    En période de « repos » , on doit la cultiver dans les conditions de serre tempérée froide , sans descendre en dessous de 10°C.
  • Lumière :
    Elle doit être de 10.000 lux, ce qui correspond à une ombre assez forte en général , et surtout sans soleil direct, sauf en hiver, car elles poussent souvent dans les forêts décidues.
  • Arrosage :
    Ils se font à l’eau de pluie , abondamment et régulièrement pendant la croissance, un peu moins fréquemment à l’automne et en hiver quand les pseudo-bulbes sont formés. Comme pour les autres orchidées il ne faut pas laisser d'eau à la base du pot ni surtout à la base des jeunes pousses.
  • Hygrométrie et aération :
    L’hygrométrie optimale est de 75 à 80 % , ce qui est énorme . Si on les sort pendant l’été , il faudra prendre soin de bien arroser autour des plantes matin et soir pour maintenir ce taux très élevé . Une bonne ventilation est fortement conseillée, pour éviter la pourriture due au fort taux d’humidité si on opère en milieu fermé (serre). Il faut augmenter l’hygrométrie en période de forte chaleur pour éviter la déshydratation des feuilles tendres . Eviter de brumiser sur les feuilles pour contrer les attaques de pourriture .
  • Fertilisation :
    Ces plantes sont très peu gourmandes . Fertiliser un arrosage sur trois pendant la croissance , en intercalant deux rinçages sans engrais , surtout si vous utilisez des engrais minéraux qui risqueraient de griller les racines fragiles . On peut utiliser un unique engrais équilibré sur toute la saison (6/8/8 par exemple ) , ou utiliser un engrais riche en azote en début de croissance pour basculer sur un engrais plus riche en potassium et phosphore quand commence la formation des pseudo-bulbes . En hiver l’apport d’engrais doit être supprimé.
  • Rempotage :
    Il doit se faire tous les deux ans environ , quand de nouvelles racines apparaissent et sortent du pot.
  • Sortie à l’extérieur :
    Ce sont des plantes qui apprécient de sortir de juin à septembre .

Quelques espèces :


Nous vous présentons ici quelques espèces que nous avons rencontré lors des expositions récentes , et donc que vous êtes susceptibles de vous procurer aisément :
  • Maxillaria alba (Hooker 1825)
    Epiphyte de taille moyenne , poussant à l’ombre dense dans les forêts de moyenne altitude (jusqu’1200 m) . Tempéré chaud . Légèrement parfumée ?
     Maxillaria alba
  • Maxillaria arachnitiflora(Lankester 1928)
    Epiphyte de taille moyenne , poussant à l’ombre dense dans les forêts de moyenne altitude (de 400 jusqu’1200 m) . Tempéré chaud .
     Maxillaria arachnitiflora
  • Maxillaria bradei en hommage à Alexander Brade
    Epiphyte à la base des tronc , donc très à l’ombre , mais peu recoloniser les zones brûlées. Très adaptable .
     Maxillaria bradei
  • Maxillaria coccinea(Jacq 1760)
    Epiphyte dans les forêts de montagne entre 500 et 1000 m , des Antilles à la Colombie et Venezuela . Climat tempéré . Craint les excès d’eau . Produit du nectar en abondance telle qu’il attire les colibris qui le pollinisent .
     Maxillaria coccinea
  • Maxillaria elatior (Hartweg 1839)
    Très grande épiphyte des forêts de moyenne altitude (jusqu’à 1500 m), du Mexique au Costa Rica « Parfumée »
     Maxillaria elatior
  • Maxillaria huebschii(Hübsch vers 1880)
    Colombienne de haute montagne (jusqu’à 3000 m) qui se cultive en serre froide . Floraison hivernale .
     Maxillaria huebschii
  • Maxillaria irrorata
    Equatorienne de haute montagne , en situation assez dégagée (ombre faible)
  • Maxillaria kegelii (Kegel 1846)
    Petite epiphyte très florifère en hiver , des Antilles au Suriname , à l’étage collinéen . Bien limiter les arrosages de novembre à février.
     Maxillaria kegelii
  • Maxillaria lehmannii(Lehmann 1876)
    Très belle et grande espèce , souvent terrestre dans les talus forestiers , en moyenne à haute montagne en Colombie et Equateur . très gourmande en eau (mettre du sphagnum)
     Maxillaria lehmannii
  • Maxillaria maculata
     Maxillaria maculata
  • Maxillaria nigrescens
    Petite espèce épiphyte de montagne (1500 à 2700 m) du Venezuela au Pérou , qui se cultive en tempéré froid .
     Maxillaria nigrescens
  • Maxillaria picta(Harrison 1831)
    Brésillienne épiphyte des forêts de moyenne montagne , a cultiver en tempéré chaud , floraison hivernale parfumée.
     Maxillaria picta
  • Maxillaria porphyrostele(Bull 1873)
    Epiphyte du Brésil , tempéré chaud car reste en moyenne montagne , ombre très faible car facilement en bout de branche , d’où plaques préférables . Si on la cultive en pot , ne pas mettre de sphagnum car c’est trop rétenteur d’eau (pin + argile expansée) Floraison hivernale très parfumée .
     Maxillaria porphyrostele
  • Maxillaria praestans
    Du Mexique au Nicaragua , en moyenne montagne , à cultiver à l’ombre en tempéré frais . Floraison en fin de printemps .
     Maxillaria praestans
  • Maxillaria ringens
    Epiphyte de moyenne montagne , du Mexique au Pérou , très adaptable autour de tempéré chaud . Floraison estivale .
     Maxillaria ringens
  • Maxillaria rufescens
    Petite epiphyte très florifère , dans les forêts humides de moyenne montagne (jusqu’à 1700/2000 m) , pratiquement dans toute l’Amérique intertropicale . Floraison parfumée quasiment continue , très adaptable , dont tempéré .
     Maxillaria rufescens
  • Maxillaria sanderiana(Klaboch 1883)
    Epiphyte (parfois terrestre) de grande taille , à cultiver en panier à cause des hampes obliques . Forêts humides de 1200 à 2500 m d’altitude , en Equateur et Pérou . Floraison printanière faiblement parfumée
     Maxillaria sanderiana
  • Maxillaria sanguinea(O’Brian 1895)
    Petite plante épiphyte des forêts primaires du Costa Rica et Panama , jusqu’à 1000 m d’altitude , ombre faible , serre chaude , floraison hivernale . Craint les excès d’arrosage .
     Maxillaria sanguinea
  • Maxillaria schunkiana(Schunk 1993)
    Petite plante épiphyte qui pousse dans les forêts humide de faible altitude au Brésil . Position assez lumineuse , serre tempérée, floraison en automne
     Maxillaria schunkiana
  • Maxillaria setigera(Barker 1844)
    Plante assez grande , épiphyte des forêts humides de faible altitude (jusqu’à 1000 m) de la Colombie au Pérou et la Guyane . Floraison très parfumé la journée , fin d’hivers , début de printemps .
     Maxillaria setigera
  • Maxillaria striata(Luis Sodiro vers 1890)
    Très belle plante qui fleurit en été automne , épiphyte ou terrestre , qui pousse dans les Andes entre 700 e 2300 m , en situation très ombragée . A cultiver en panier (hampe inclinée) en serre tempérée fraîche .
     Maxillaria striata
  • Maxillaria tenuifolia(Hartweg vers 1835)
    Plante moyenne très florifère en situation très lumineuse . Forêts de moyenne montagne du Mexique au Costa Rica . Serre tempérée chaude . Marche très bien en culture sur plaque .
     Maxillaria tenuifolia
  • Maxillaria ubatubana(Hoehne 1947)
    Plante moyenne longtemps confondue avec M. picta . Brésillienne épiphyte (parfois terrestre) . Floraison fin d’hiver début de printemps . Tempéré . Culture en coupe ou sur plaque car elle se développe vite .
     Maxillaria ubatubana
  • Maxillaria variabilis(Henchmann avant 1837)
    Du Mexique à l’Equateur , elle peut pousser en épiphyte , terrestre ou lithophyte dans les forêts humides jusqu’à plus de 2000 m d’altitude . Très adaptable , elle suporte le climat tempéré . Floraison quasi continue , légèrement parfumée . A cultiver en coupe ou sur plaque compte tenu de l’extension rapide . Deux vues pour voir la variabilité :
     Maxillaria variabilis
     Maxillaria variabilis
Cet exposé a été réalisé par Philippe , et présenté lors de la réunion de janvier 2011 à la section de Sainte Savine (Aube).
Et maintenant, bonne culture à tous. PHILIPPE.
Et pour finir , un petit hybride :
 Maxillaria Shangai