Je suis une timide et je passe facilement inaperçue quand je m’épanouie en prairie humide de montagne , car étant donné ma petite taille , je suis alors un peu noyée dans la végétation . Et je ne peux pas mettre de talonnette ! Mes deux grandes feuilles basales elliptiques , la troisième à mi-tige plus lancéolée , parfois une quatrième bractéiforme à la base de l’épi ne tranchent guère avec la verdure environnante . Si vous me cherchez en montagne (où j’atteins pratiquement les 3000 m) , vous me repèrerez plus facilement car mon épi floral est plus sombre et se distingue plus aisément . En plaine , les fleurs sont plus pâles .
Coeloglossum viride
Ici , vous distinguez mes bractées qui sont nettement plus longues que l’ovaire résupiné . Leur nervure est teintée de rouge . On aperçoit mon éperon globuleux qui forme comme une perle nacrée blottie entre le labelle et l’ovaire . Les sépales rabattus en casque protègent le gynostème et les pétales plus pâles .
Coeloglossum viride
Le labelle , grossièrement plan , est une étroite languette pendante ou collée à l’ovaire . Il est trilobé , les lobes latéraux dirigés vers l’avant tandis que le petit lobe central est plutôt rabattu vers l’arrière .
Coeloglossum viride
Ici , on distingue la colonne très courte située derrière l’entrée de l’éperon nectarifère qui forme une sorte de cuvette . C’est de là que vient mon nom de genre monospécifique constitué à partir des mots grecs koilo (creux) glossa (langue) qui ont donné Coeloglossum . Pour ce qui est de mon nom d’espèce viride , je ne le conteste pas . Mais en français , on m’appelle aussi Orchis grenouille ! Je n’ai pourtant jamais fait Croa !. Les deux pollinies sont nettement divergentes .
Coeloglossum viride
En plaine , les fleurs sont beaucoup plus claires , plus hautes , avec un épi moins compact . On voit ici que les pollinies se décollent facilement et pendent alors comme chez Ophrys apifera , peut être pour donner de l’autopollinisation si les visiteurs se font rares .
Coeloglossum viride