1. Origine et descriptif du genre Gongora :


    • Le nom :
      Le genre Gongora fut fondé en 1794 par Ruiz et Pavon.
      Ce nom vient de Antonio Caballero y Gongora, le vice roi of Nouvelle Grenade(Colombie et Equateur) et gouverneur du Pérou pendant l’expédition botanique de Ruiz et Pavon.
    • Description :
      Ce genre comporte environ 70 espèces épiphytes à croissance sympodiale.
      En voici une des premières descriptions faites en français :
      Sépale postérieur dressé-étalé, soudé inférieurement avec le dos du gynostème; les latéraux plus larges, étalés ou réfléchis, soudés à la base avec le pied du gynostème. Pétales rapprochés du sépale postérieur mais souvent plus courts, dressés ou étalés, soudés avec la base du gynostème. Labelle continu avec le pied du gynostème, étalé ou ascendant, étroit, charnu; lobes latéraux épais, dressés, munis de cornes ou d'arêtes variées; lobe médian en sac étroit ou comprimé en lame verticale. Gynostème dressé ou arqué, prolongé en pied à la base, demi-cylindrique supérieurement, privé d'ailes, renflé en massue au sommet, nu ou muni de deux cornes en avant. Anthère terminale, en forme d'opercule, convexe, uniloculaire ou imparfaitement biloculaire; deux pollinies cireuses, ovoïdes ou étroitement oblongues, reliées à un rétinacle souvent très petit par un pédicelle en forme de coin étroit. Capsule oblongue ou fusiforme, parfois allongée, sans bec ou très brièvement rétrécis au sommet.
      Herbes épiphytes, à pseudo-bulbes charnus ordinairement surmontés de deux feuilles. Celles-ci sont amples, plissées-veinées, rétrécies à la base. Scapes naissant à la base des pseudobulbes, souvent réfléchis, simples, terminés par une longue grappe lâche. Fleurs assez grandes, longuement pédicellées. Le genre Gongora est bien caractérisé mais la structure de la fleur et la forme du labelle montre que ce genre est très proche des Stanhopea.
    • Distribution :
      Le genre Gongora renferme environ 70 espèces différentes, réparties du sud du Mexique jusqu'en Bolivie , Brésil et les îles de Tobaggo et Trinidad , englobant toute la partie intertropicale de l’Amérique. Du fait de cette diversité géographique, certains vivent dans les forêts chaudes en bord de mer, d'autres en altitude jusqu’à 1800m dans les Andes. Si on porte sur une carte le nombre d’espèces dans chaque pays , on constate que c’est la Colombie qui est au cœur de ce domaine de répartition , et que ce sont essentiellement des plantes de montagne .
      Carte
    • Historique :
      Nous portons ici le nombre despèces décrites par tranche de 10 années . On constate qu’une première vague de découvertes correspond à la colonisation de l’Amérique du sud . La seconde vient des inventaires de biodiversité entrepris à la fin du siècle dernier pour développer des zones de protection .
       Dates
    • Ethnobotanique :
      Nous n’avons trouvé qu’un Elixir d’orchidées à 13,50 euros les 15 ml soit disant fabriqué à partir de Gongora dresslerri ! Espérons que ceux-ci ne proviennent pas d’un arrachage systématique dans la nature !
    • Particularités botaniques :
      • Les pollinies sont superposées sur un viscidium en forme de disque
      • Comme chez les Stanhopea , le stigmate ne devient réceptif que bien après que les pollinies aient été arrachées . Leur présence interdit le fonctionnement femelle de la fleur . L’arrachement des pollinies n’entraîne donc pas la fanaison de la fleur qui va devenir femelle . Mais dès qu’elle sera fécondées (mais très faible rendement dans la nature) , elle va se faner et le périanthe va se désagréger.
      • Pour la pollinisation , l’Euglossine mâle va se poser sur le labelle , à l’envers . Des cellules gorgées de substances nutritives sont situées près des osmophores . L’Euglossine mâle va se nourrir de ces cellules pendant que , avec ses pattes avant , il collecte les substances émises par les osmophores situés à la base du labelle , puis les transfert sur les pattes arrières comme le font les abeilles avec le pollen . Lors de cette gymnastique qui se fait la tête en bas , encombré par les ailes latérales du labelle , il est souvent déséquilibré , il tombe et glisse le long de celui-ci , heurte la colonne , et les pollinies se collent à l’arrière du scutellum , orientées vers l’arrière pour les Gongora , vers l’avant chez les Coryanthes , ce qui évite l’hybridation entre ces deux genres voisins que l’on rencontre pourtant dans les mêmes milieux .
      • La cavité stigmatique s’ouvre par une fente étroite qui interdit l’autopollinisation . Quand un pollinisateur va glisser sur la colonne , c’est son poids qui fait que les pollinies vont être écrasées sur la fente , permettant ainsi la fécondation . Mais l’autofécondation reste possible artificiellement
      • Compte tenu de cette glissade , le labelle doit être « en haut » (fleur épigyre), ce qui , compte tenu de l’inflorescence pendante , impose une rotation de 180° de l’ovaire (résupination)
      • La pointe des racines des orchidées est généralement cassante et fragile. Mais chez les Gongora, elles durcissent en vieillissant et deviennent pointues comme des aiguilles. Très fines , elles forment un gros enchevêtrement racinaire. Chez certaines espèces , ce sera un site d’installation de nids de fourmis qui seront ainsi protégés par ces « épines ». Mais elles vont elles même protéger la plante . En effet , chez ces espèces , des nectaires exudent un suc nutritif à la base des bractées . Ceci attire les fourmis qui vont donc défendre l’inflorescence de tout envahisseur indésirable.
  2. Culture des Gongora :


    • Support et substrat :
      Bien que l'on puisse les cultiver sur plaque, il est largement préférable de les mettre en paniers suspendus à cause des hampes florales pendantes .Le substrat doit à la fois ne pas sécher entre les arrosages , mais être bien drainant pour ne pas risquer la pourriture des racines On peut former un bon substrat bien drainant à base d’écorce de pin et de billes d’argile expansée , et y ajouter 10% de sphagnum ou de tourbe fibreuse pour maintenir l’humidité . Si vous avez la main lourde pour les arrosages , n’hésitez pas à rajouter un peu de charbon de bois .
    • Température :
      En période de croissance , la température peut monter le jour jusqu’à 30°C sans problème , ce qui permet de la cultiver en extérieur pendant tout l’été (15 juin 15 septembre) En période de « repos » , on doit la cultiver dans les conditions de serre tempérée froide , sans descendre en dessous de 10°C.
    • Lumière :
      Elle doit être de 10.000 à 15.000 lux, ce qui correspond à une lumière tamisée, mais sans soleil direct, sauf en hiver, car elles poussent dans les forêts décidues.
    • Arrosage :
      Ils se font à l’eau de pluie , abondamment et régulièrement pendant la croissance, un peu moins fréquemment à l’automne et en hiver quand les pseudo-bulbes sont formés. Comme pour les autres orchidées il ne faut pas laisser d'eau à la base du pot ni surtout à la base des jeunes pousses.
    • Hygrométrie et aération :
      L’hygrométrie optimale est de 70 à 80 % , ce qui est énorme . Si on les sort pendant l’été , il faudra prendre soin de bien arroser autour des plantes matin et soir pour maintenir ce taux très élevé . Une bonne ventilation est fortement conseillée, pour éviter la pourriture due au fort taux d’humidité si on opère en milieu fermé (serre). Il faut augmenter l’hygrométrie en période de forte chaleur pour éviter la déshydratation des feuilles tendres . Ne pas brumiser sur les feuilles qui sont sensibles aux attaques de pourriture si elles ne sèchent pas très rapidement .
    • Fertilisation :
      Ces plantes sont assez gourmandes . Fertiliser un arrosage sur deux pendant la croissance , en intercalant un rinçage sans engrais une fois sur 3 si vous utilisez des engrais minéraux . On peut utiliser un unique engrais équilibré sur toute la saison (6/8/8 par exemple ) , ou utiliser un engrais riche en azote en début de croissance pour basculer sur un engrais plus riche en potassium et phosphore quand commence la formation des pseudo-bulbes . En hiver l’apport d’engrais doit être supprimé.
    • Rempotage :
      Il doit se faire tous les deux ans environ .
    • Sortie à l’extérieur :
      Ce sont des plantes qui apprécient de sortir de juin à septembre .
  3. Quelques espèces :


    Nous vous présentons ici quelques espèces que nous avons rencontré lors des expositions récentes , et donc que vous êtes susceptibles de vous procurer aisément :
    • Gongora aceras
      Décrite par Dressder en 1971 , c’est une petite équatorienne qui pousse dans les forêts très humides de l’ouest du pays , entre 200 et 1000 m d’altitude . Quelques petites fleurs sur une hampe courte . Floraison août à octobre .
       Gongora aceras  Gongora aceras
    • Gongora amparoana
      Décrite par Schlechter en 1923 , elle provient des forêts du Costa Rica vers 1100 m d’altitude , c’est donc une plante de serre chaude , mais relativement de sous bois qui nécessite donc une ombre plus importante . 5 à 10 petites fleurs sur une courte tige ( 15 cm maximum ) .
       gongora amparoana  gongora amparoana
    • Gongora arcuata
      Décrite par Guerlach et Toulem en 2001 . C’est une colombienne qui fleurit en fin d’hiver , début de printemps .
       Gongora arcuata  Gongora arcuata
    • Gongora cassidea
      Décrite par Reichenbach en 1864 . Connue du Mexique à Panama , elle pousse dans les forêts très humides vers 1800 m d’altitude . A l’automne , une hampe florale porte quelques fleurs de taille moyenne , très odorantes .
       Gongora cassidea  Gongora cassidea
    • Gongora claviodora
      Décrite par Dressler en 1972 . Du Costa Rica au Panama , de 0 à 1200 m d’altitude en forêts très humides . Demande peu de lumière . Fleurs grandes sur une hampe de 30 cm environ . Fleurs parfumées
       Gongora claviodora  Gongora claviodora
    • Gongora leucochila , ex powellii
      du Mexique au Panama .
       gongora leucochila ex powellii
    • Gongora nigropunctata
      Nord du Pérou , Schlechter 1921
       Gongora nigropunctata  Gongora nigropunctata
    • Gongora pleiochroma
      Reichenbach , 1860 , de la Guyane à l’Equateur et le Pérou .
       Gongora pleiochroma  Gongora pleiochroma
    • Gongora quinquenervis
      Le premier Gongora décrit par Ruiz et Pavon en 1798 . Largement répandu de la Colombie au Vénézuela . Grande plante poussant dans les forêts humides jusqu’à 1500 m d’altitude . Floraison estivale . Grande hampe florale portant une bonne vingtaine de fleurs moyennes
       Gongora quinquinervis  Gongora quinquinervis
    • Gongora rufescens
      Décrite par Jenny en 1985 . Colombie , Equateur , Pérou . Pousse dans les forêts très humides et sombres , entre 1000 et 1800 m d’altitude . Floraison fin d’été automne . Jusqu’à une trentaine de fleurs réparties sur une grande hampe florale .
       Gongora rufescens
    • Gongora saccata
      Reichenbach , 1854 , Colombie .
       Gongora saccata  Gongora saccata
    • Gongora scaphephorus
      Reichenbach , 1854 , Colombie Equateur Pérou . Pousse jusqu’à 1500 m dans les forêts humides . A l’automne , jusqu’à 45 fleurs sur une longue hampe florale
       Gongora scaphephorus  Gongora scaphephorus
Cet exposé a été réalisé par Philippe , et présenté lors de la réunion de juin 2010 à la section de Sainte Savine (Aube).
Et maintenant, bonne culture à tous. PHILIPPE.