Les taxonomistes me nomment Barlia robertiana ou Orchis robertiana . Je suis une fille du soleil . Autrefois relativement rare en France et limitée à la frange méditerranéenne , je profite du réchauffement climatique pour gagner du terrain vers le nord . On peut maintenant me trouver en forêt de Fontainebleau et le remonte de plus en plus haut dans la vallée du Rhône . Là où je me plais , je forme souvent des colonies assez abondantes . Mon terrain de prédilection , c’est la garrigue et les pelouses rases , en exposition très lumineuse , voir en plein soleil , sur sol calcaire . Je suis un peu exhibitionniste , et je m’épanouie très tôt ce qui me permet d’éviter la concurrence . Je suis alors la plus belle plante des pelouses rases , et on me repère d’autant plus que l’herbe n’a pas encore poussé .
Barlia robertiana
On me reconnaît facilement par ma grande taille (j’atteins facilement les 50 à 60 cm) , mes feuilles épaisses subdressées formant une rosette basale d’un jaune vert brillant. Deux ou trois forment un étui vertical qui protège la hampe florale au début de sa croissance , comme chez tous les orchis . Une ou deux sont bractéiformes à mi hauteur de la tige . La tige épaisse est régulièrement violacée au dessus de cette feuille . L’épi floral est très dense . Pas très allongé quand la plante est jeune , il devient cylindrique pour les plantes plus robustes .
Barlia robertiana
Quand je suis à peine épanouie , les trois sépales rouge violacé et les pétales latéraux verdâtre forme un casque bien fermé ressemblant à celui des orchis du type purpurea. On distingue bien le labelle en forme de pantin , rétréci à la base et formant deux crêtes qui encadrent l’entrée de l’éperon . On aperçoit encore les bractées qui dépassent de l’épi .
Barlia robertiana
Avec le temps , les sépales latéraux se dégagent sur le côté , et mes fleurs ressemblent plutôt à une extraterrestre ayant des grandes couettes . Mes manches ont vraiment une emmanchure trop large , et je donne l’impression de nager un peu dans mon imperméable rose et blanc à la bordure supérieure très ondulée .
Barlia robertiana
Voilà un épi cylindrique plus représentatif . La floraison est un peu plus avancée , et le casque tend à se décolorer un peu . Il n’y a plus que les bractées inférieures qui dépassent de l’épi . Mais on les distingue difficilement car elles sont de la même couleur que les fleurs .
Barlia robertiana