1. Origine et descriptif des Stanhopea :

    • Historique
      Ce genre compte environ 70 espèces originaires de l'Amérique tropicale, du Mexique au Brésil à l’est et jusqu’au nord de l’Argentine. Le nom Stenhopea .est un hommage à Philip Henry Stanhope (1781-1855), président de la Medico-Botanical Society of London (1829-1837).
      Le genre est défini à partir de l’espèce S. insigne décrite en 1829 . La grande période de découverte correspond à l’époque des grandes expéditions scientifiques du milieu du XIXème siècle . Il y a un regain au début XXème qui correspond à un approfondissement de l’étude des nouveaux territoires récemment conquis . Enfin les trente dernières années sont très riches en découvertes car elles correspondent à une prise de conscience des risques de disparitions d’espèces et un inventaire approfondi des richesses naturelles par chaque pays , y compris les pays en voie de développement.
    • Description
      Ce sont des plantes épiphytes ou lithophytes qui poussent sur les grosses branches basses ou sur la partie basse des troncs des arbres ou même sur la mousse des sous bois en forêt très humide.
      Ils ont des pseudobulbes ovoïdes, plus ou moins étirés et striés, avec une seule grande feuille coriace et nervurée en position apicale.
      La hampe florale porte 2 à 7 fleurs sur une tige fine qui sort de la base du dernier pseudobulbe , et pousse orientée vers le bas. Elle est porteuse à sa base de bractées qui forment une gaine enveloppant la tige .
      La fleur qui mesure jusqu’à 15 cm est très grosse et est orientée vers le bas. Elle a des sépales elliptiques de grande taille alors qu’en général les deux pétales latéraux sont plus étroits , mais de longueur très voisine . Le labelle trilobé est très semblable à celui des Epipactis ou des Bulbophyllum avec un epichile mobile et un hypochile cupulaire. Entre l’épichile et l’hypochile , le mésochile est très développé . Il porte deux excroissances en forme de croissant qui reviennent vers l’extérieur de la fleur, sauf pour les espèces « primitives ».
      La colonne est très longue et porte sur les côtés des « ailettes » qui permettent de fermer l’espace au dessus du labelle .
      A la base du labelle et parfois aussi à celle des pétales se trouvent souvent deux « yeux » qui chez certaines espèces produisent un liquide toxique. Les couleurs vont du blanc au brun violacé en passant par le jaune et l’orangé. La durée de floraison est très brève (de 2 à 5 jours chaque fleur) mais cette brièveté est partiellement compensée par l’étalement de la floraison des diverses hampes.
      Presque tous les Stanhopea sont très parfumés , l’intensité du parfum serait dû à la brièveté de la floraison. Il est parfois très difficile de distinguer deux espèces voisines comme ici S. dodsoniana et S. oculata . Mais les parfums sont totalement différents .
    • Pollinisation
      Quand l’insecte (un mâle d’Euglossine en général) entre dans la « cage » glissante formée par l’épichile , les cornes latérales du mésochile et la colonne , il trouve d’abord des cellules très amylacées qui lui fournissent de quoi se restaurer . Il est alors excité par les phéromones d’Euglossine femelle émises par le mésochile . Il monte donc vers la source et atteint l’hypochile mellifère . Il se repaît de nectar . Ses mouvements frénétiques le font glisser dans la gouttière et la partie la plus large de son thorax va arracher les pollinies . Quand il visitera une autre fleur , le même phénomène se reproduit , mais cette fois , il pourra déposer les pollinies dans la cavité stigmatique . celle-ci n’est réceptive qu’une fois les pollinies arrachées . Quand des pollinies sont déposées dans cette cavité , les petites lèvres se referment pour bien enfoncer les grains de pollen . Ils devront émettre un tube pollinique qui peut atteindre 15 cm pour les plus grosses fleurs .
  2. Culture des Stanhopea :

    • Croissance :
      Durant la croissance, les Stanhopea ne supportent pas la sécheresse. Les nuits ne doivent pas être trop fraîches. En période de grande chaleur, arroser aussi autour de la plante. Ils peuvent alors aussi être cultivés à l’extérieur (attention aux limaces et aux escargots).
    • Support et substrat :
      On peut d’abord les cultiver sur plaque. Dans ce cas, il faudra placer la plante près d’un brumisateur pour garder une forte humidité sur les racines.
      Si on ne peut pas les brumiser très régulièrement , on peut choisir de les mettre en paniers suspendus avec un large maillage pour laisser passer les hampes florales. Le substrat sera composé d'écorce de pin moyenne et fine (50%) qui assure la compacité, et de sphagnum , mousse de polyurétane ou tourbe fibreuse qui retiendra l’humidité. On prendra soin de ne jamais laisser le compost se dessécher complètement.
    • Température :
      Ce sont des plantes de serre tempéré chaude à serre chaude pour celle poussant le plus au nord , mais tempérée froide , voir froide pour celles du sud du Brésil. Dans ces régions , l’ »hiver » n’est pas froid , mais il est assez sec.
    • Lumière :
      Ce sont des plantes de sous bois et de 10 à 15000 lux leur suffisent. Mais comme elles poussent souvent dans des forêts caduques , il faut les placer en pleine lumière l’hiver pour pouvoir amorcer la pousse de la hampe florale.
    • Arrosage :
      A la reprise de végétation , arroser doucement. Il est donc déconseillé d’arroser par le dessus , mais il est préférable de plonger le pot dans la solution. Arroser régulièrement tout l'été pour avoir un substrat bien humide. L’hiver, il faut diminuer les arrosages mais ne pas laisser le substrat sécher complètement.
    • Hygrométrie et aération :
      Les Stenhopea poussant en sous bois, il convient d’avoir un taux d’hygrométrie élevé, de l’ordre de 50 à 60% en période de repos hivernal, mais voisin de 80 % l’été. Il est possible de brumiser le dessous des feuilles, mais attention à l’eau qui s’écoulerait dans la gaine formée par les bractées et entraînerait la pourriture de la nouvelle pousse ou de la hampe florale. Il ne pas faut oublier la ventilation.
    • Fertilisation :
      Dès la reprise de la végétation , mettre de l'engrais riche en azote et dilué deux fois par mois jusqu'à l'été. Quand les pseudobulbes commencent à grossir , passer à un engrais riche en phosphore et potassium pour favoriser la floraison. On cessera l’apport d’engrais pendant le bref repos hivernal.
    • Rempotage :
      Ces plantes aiment être à l’étroit mais émettent beaucoup de racines aériennes qu’il vaut mieux laisser libres. Rempoter donc un minimum , seulement quand le substrat commence à se décomposer.
    • Divisions :
      A éviter un maximum car ce sont des plantes plutôt casanières.
  3. Quelques espèces courantes :

    Je ne présente ici que les espèces que j’ai eu l’occasion de photographier au cours des expositions ou lors de visites de jardins botaniques , ou encore cultivées par des membres de l’association.
    • Stanhopea costarencis :
      Stanhopea costaricensis
      Costa-Rica Nicaragua , pousse sur les basses branches et le bas des troncs des arbres dans les forêts sempervirentes . Elles n’ont donc pas plus de lumière en hiver. Elles poussent entre 500 et 1500 m , ce qui correspond aux températures de la serre tempérée chaude , voire chaude . Elle est très parfumée avec un parfum floral , épicé , très proche de la bergamote. Floraison fin de printemps à début d’été.
    • Stanhopea embreei :
      Stanhopea embreei
      Ouest de l’Equateur , forêts de nuage vers 500 à 1000 m , ce qui correspond à un climat de serre tempérée .Floraison fin de printemps à début d’été.
    • Stanhopea lietzei :
      Stanhopea lietzei
      En honneur à Lietze , un collecteur allemand du XIXème siècle .
      Sud-est du Brézil et Nord-est de l’Argentine . Forêts très humides à l’ombre , vers 100 à 800 m d’altitude . cela correspond à un climat tempéré mais sec en hiver , tout en gardant une forte humidité ambiante . Floraison printanière .
    • Stanhopea wardii :
      Stanhopea wardii
      Du Nicaragua au Venezuela et brésil (Nord-ouest) .
      Forêt de nuage entre 800 et 2700 m . Tempéré chaud . Epiphyte et lithophyte . La plus répandue (donc très adaptable) mais jamais très abondante (pour ne pas dire rare) . Floraison fin d’été et automne . Parfum très épicé .
    • Stanhopea nigroviolacea :
      Stanhopea nigroviolacea
      Endémique du Mexique (région de Oaxaca) vers 2000 m dans les forêts mixtes de pin et chêne . C’est celle qui nécessite les températures les plus basses (serre tempérée froide , jusqu’à 5°C sans problème)) et le plus de sécheresse en hiver. Pour certains , ce n'est qu'une variété de S. tigrina
    • Stanhopea annulata :
      Stanhopea annulata
      Colombie , Equateur , Bolivie
      Elle pousse dans les forêts tropicales humide de l’étage collinéen , entre100 à 1000 m d’altitude , ce qui correspond à un climat tempéré chaud à chaud pendant presque toute l’année . La floraison est possible toute l’année. Elle fait partie du groupe des primitives avec les excroissances « inexistantes »
    • Stanhopea x horichiana:
      Stanhopea x horichiana
      C’est un hybride naturel entre S. ecornuta et S. wardii que l’on peut rencontrer au Costa Rica . Il tient de S. ecornuta le fait de ne pas avoir de cornes sur le mésochile .
    • Stanhopea connata :
      Stanhopea connata
      Colombie , Pérou , Equateur
      Elle pousse à l’est des Andes , sur les versants bien exposés , donc plus chauds , et surtout plus secs car les vents dominants venant de l’ouest ont déversé leurs pluies sur les hauteurs des Andes . Il possède la particularité de donner des fleurs de couleur jaune en hiver mais orange en été . Ceci serait un double effet de la température d’une part et de la quantité de rayonnement UV reçue d’autre part .