Je suis une habituée des pelouses sèches sur sol calcaire. On me trouve souvent parmi le cortège des orchidées de mai, en situation généralement bien ensoleillée. On me reconnaît sans problème car je suis assez voyante, dépassant souvent mes compagnes, et ma couleur blanc crème me distingue des autres aux couleurs plus criardes. Si je me plais, je prolifère sans scrupule et forme alors des colonies lâches.
Platanthera chlorantha
A la base, mes deux (3) feuilles doivent souvent pousser les herbes pour se frayer un chemin vers la lumière car je ne crains pas les herbes un peu hautes. Mon épi cylindrique de fleurs blanches est particulièrement parfumé le soir, à la tombée de la nuit, pour attirer mes courtisans, des papillons de nuit qui plongeront leur longue trompe dans mon éperon afin d’en extraire le nectar.
Platanthera chlorantha
C’est quand mes fleurs ne sont pas encore totalement ouvertes qu’on distingue le mieux mon éperon nettement plus long que l’ovaire et dont l’extrémité est comprimée latéralement, ce qui se voit très bien par transparence. Un peu plus tard, je vous présenterai ma demi sœur, et vous verrez qu’elle a un éperon plus court et non comprimé, ce qui est un bon critère pour nous distinguer tant on se ressemble.
Platanthera chlorantha
Mon épi cylindrique ne paraît pas très dense car mes fleurs assez grandes sont portées par un ovaire plutôt long, ce qui donne l’impression que mes fleurs sont éloignées de l’axe.
Platanthera chlorantha
Mais la grande différence avec ma demi sœur, ce sont les loges polliniques qui chez moi sont très écartées et bien divergentes. Comme vous pouvez le constater, les chenilles m’aiment bien, un peu trop même à mon gout. Mais souvent, elles se contentent de grignoter pétales et sépales tendres et laissent le labelle plus rigide ainsi que la colonne. Je suis alors défigurée, mais cela ne m’empêchera pas de donner une gousse.
Platanthera chlorantha