La playmate de janvier 2009 : Ophrys insectifera
Par Philippe le mardi 30 décembre 2008, 14:00 - Photos - Lien permanent
Pour ce mois-ci une playmate qui ne fait pas phantasmer les foules : Ophrys
insectifera en photo!
Je suis discrète, menue, insignifiante, donc tout l’inverse d’une star ! Si
vous me trouvez à l’ombre, en bordure de forêt comme ici, je peux lancer ma
hampe florale (portant jusqu’à 12 pantins sombres) jusqu’à 60 cm en espérant
que les insectes me repèreront plus facilement. Je fleuris alors assez tard, en
juin dans notre région.

Mais mon habitat préféré est quand même la pelouse sèche sur sol calcaire. Je suis alors plus ramassée, la distance entre mes fleurs est plus courte, et je pousse moins haut car le soleil fait davantage ressortir mes couleurs sur le fond vert. Il n’est alors pas rare, si les conditions sont très bonnes, que je fasse deux hampes simultanément.

Mon petit nom est Ophrys mouche. Essayons de comprendre pourquoi.
Pierre Delforge , dans l’excellant « Guide des orchidées d’Europe, d’Afrique du Nord et du Proche Orient » que nous vous recommandons pour ce qui concerne l’identification rigoureuse des espèces indigènes, donne cette description de MOI :
« sépales étalés, ovales-oblongs, obtus, atténués et subcucullés au sommet, concaves, longs de 6-9 mm, larges de 3-4 mm, vert blanchâtre à vert jaunâtre; » , bon, c’est un peu compliqué, mais c’est pour dire que je porte un chapeau vert !
Continuons : « pétales pourpre violacé foncé veloutés, étalés à dirigés en avant, linéaires, presque filiformes longs de 4-7 mm, les bords enroulés; » ça, c’est pour faire allusion à mes antennes ! C’est le début de la mouche !
Reprenons : «labelle long de 9-12 mm, large de 6-10 mm, bien plus long que large, pendant, trilobé à la base, bien plus grand que les sépales, brièvement pubescent, brun noirâtre à violacé; » Et bien c’est bon, j’ai un corps plus long que large, c’est quand même heureux si on prétend être une playmate !
Poursuivons : « lobes latéraux divergents, étroits, oblongs à lancéolés ou tronqués obliquement, les bords un peu réfléchis; » c’est soit disant mes ailes. Vous avez déjà vu des mouches avec des ailes aussi petites ? Ça commence à dérailler !
Finissons : « lobe médian divisé en 2 lobules triangulaires, largement bordés de brun plus clair, exceptionnellement d'une bande jaune vif, très rarement indenté à l'angle de bifidité; macule peu brillante, centrale, quadrangulaire à scutiforme, glabre, gris bleuâtre; cavité stigmatique étroite, échancrée latéralement, à base plate, munie de 2 pseudo-yeux luisants, hémisphériques ou en forme de crêtes atténuées; » Vous avez déjà vu des mouches avec un abdomen « bifide » ? Non je n’ai pas grand chose d’une mouche, il n’y a qu’une mouche mâle malvoyante pour croire cela. Mais pour un homme qui a une bonne vue, je suis un pantin cornu portant un chapeau vert et un bavoir brillant !

Malheureusement, j’ai des copines qui se laissent aller à l’obésité ! Elles sont presque aussi larges que hautes :

Mais il y a aussi des coquettes ! Celle-ci a assorti son bavoir à ses yeux bleus.


Mais mon habitat préféré est quand même la pelouse sèche sur sol calcaire. Je suis alors plus ramassée, la distance entre mes fleurs est plus courte, et je pousse moins haut car le soleil fait davantage ressortir mes couleurs sur le fond vert. Il n’est alors pas rare, si les conditions sont très bonnes, que je fasse deux hampes simultanément.

Mon petit nom est Ophrys mouche. Essayons de comprendre pourquoi.
Pierre Delforge , dans l’excellant « Guide des orchidées d’Europe, d’Afrique du Nord et du Proche Orient » que nous vous recommandons pour ce qui concerne l’identification rigoureuse des espèces indigènes, donne cette description de MOI :
« sépales étalés, ovales-oblongs, obtus, atténués et subcucullés au sommet, concaves, longs de 6-9 mm, larges de 3-4 mm, vert blanchâtre à vert jaunâtre; » , bon, c’est un peu compliqué, mais c’est pour dire que je porte un chapeau vert !
Continuons : « pétales pourpre violacé foncé veloutés, étalés à dirigés en avant, linéaires, presque filiformes longs de 4-7 mm, les bords enroulés; » ça, c’est pour faire allusion à mes antennes ! C’est le début de la mouche !
Reprenons : «labelle long de 9-12 mm, large de 6-10 mm, bien plus long que large, pendant, trilobé à la base, bien plus grand que les sépales, brièvement pubescent, brun noirâtre à violacé; » Et bien c’est bon, j’ai un corps plus long que large, c’est quand même heureux si on prétend être une playmate !
Poursuivons : « lobes latéraux divergents, étroits, oblongs à lancéolés ou tronqués obliquement, les bords un peu réfléchis; » c’est soit disant mes ailes. Vous avez déjà vu des mouches avec des ailes aussi petites ? Ça commence à dérailler !
Finissons : « lobe médian divisé en 2 lobules triangulaires, largement bordés de brun plus clair, exceptionnellement d'une bande jaune vif, très rarement indenté à l'angle de bifidité; macule peu brillante, centrale, quadrangulaire à scutiforme, glabre, gris bleuâtre; cavité stigmatique étroite, échancrée latéralement, à base plate, munie de 2 pseudo-yeux luisants, hémisphériques ou en forme de crêtes atténuées; » Vous avez déjà vu des mouches avec un abdomen « bifide » ? Non je n’ai pas grand chose d’une mouche, il n’y a qu’une mouche mâle malvoyante pour croire cela. Mais pour un homme qui a une bonne vue, je suis un pantin cornu portant un chapeau vert et un bavoir brillant !

Malheureusement, j’ai des copines qui se laissent aller à l’obésité ! Elles sont presque aussi larges que hautes :

Mais il y a aussi des coquettes ! Celle-ci a assorti son bavoir à ses yeux bleus.



Commentaires
bonjour Philippe,
je viens de lire votre article du mardi 30 décembre 2008 intitulé : « La playmate de janvier 2009 : Ophrys insectifera ».
vous vous interrogez sur son nom mais n’apportez pas de réponse. alors je me demande, moi aussi, pourquoi l’on traduit insectifera (fero = je porte et insecti = insecte) par mouche.
D’autant plus qu’il existe d’excellent ouvrages sur les orchidées de France certainement bien meilleurs que celui que vous citez dans lesquels on doit pouvoir trouver ce renseignement.
Sans faire fantasmer les foules ^^
Bonjour Gynostème, merci pour votre commentaire. Le but de ces « Playmates » est avant tout de présenter des photos de belle taille de nos orchidées indigènes, le tout avec si possible un peu d’humour pour ne pas se prendre au sérieux. Ici, je voulais effectivement mettre le doigt sur le côté discutable de ces dénominations. Alors sérieusement, je pense que le nom d’Ophrys mouche vient du nom Ophrys muscifera proposé par Hudson en 1762 alors que Ophrys insectifera vient de Linné en 1753. Musca signifiant mouche en latin, on retrouve bien le nom. Mais cela ne fait que déplacer le problème, car cela ne le fait pas plus ressembler à une mouche. La meilleure preuve, c’est que les pollinisations semblent surtout assurées par des guêpes et abeilles sauvages. Cordialement, et à la prochaine Playmate. PHILIPPE
c'est moche, ça fait peur à la limite
Beeeûûûûûrrk..