Ce Dimanche, une douzaine d'adhérents de l'AAOE et amis qui sont partis à la découverte des orchidées indigènes. Le rendez-vous permet de se regrouper pour un covoiturage plus convivial. La brume matinale et la fraicheur n'ont pas découragé les marcheurs :
groupe1
Nous commençons par une pelouse sèche très variée qui permet de découvrir une bonne partie des orchidées spécifiques de ce type de milieu.
Un petit chemin est particulièrement interessant car il présente une face d'exposition Nord-Est assez fraîche et encombrée d'arbustes, et une face Sud-Ouest très chaude avec une pelouse assez rase.
La première découverte est Listera ovata que l'on trouve en bordure ombragée des forêts, souvant sous les arbustes. C'est pourquoi elle déploie ses deux feuilles ovales très larges pour capter le maximum de lumière. Un grand nombre de ces plantes sont en tout début de floraison et on ne voit alors que le début de la hampe florale :
Listera ovata
Mais d'autre ont atteint leur épanouissement maximum :
Listera ovata
Non loin de là, mais sur le versant exposé à la chaleur, on trouve Aceras anthropophorum ou Homme pendu, compte tenu de la forme du labelle qui ressemble à un petit pantin avec sa tête globuleuse et ses membres effilés:
Aceras anthropophorum
Pour d'autres images plus grandes, cliquer sur les icônes : Aceras anthropophorum Aceras anthropophorum
Sur les deux versants, on découvre ensuite l'Ophrys mouche ou Ophrys insectifera. Les spécimens à l'ombre sont en général plus robustes et plus spectaculaires que ceux exposés en plein soleil :
Ophrys insectifera
Pour d'autres images plus grandes, il faut encore cliquer sur les icônes : Ophrys insectifera Ophrys insectifera
On trouve ensuite un bel ensemble d'Orchis pourpre (Orchis purpurea).
station Ici aussi, le labelle est en forme de pantin mais qui porterait des culottes bouffantes. Il est de plus couvert de taches velues. Le casque est brun uniforme et de forme presque ronde. On le trouve surtout au soleil. Quand il pousse à l'ombre, les feuilles sont plus pâles, la hampe florale plus haute mais l'épi est moins dense :
Orchis purpurea
Devinez ce qu'il faut faire pour obtenir des images plus grandes! : Orchis purpurea Orchis purpurea Orchis purpurea
Exactement dans le même milieu ensoleillé se trouve l'Orchis militaire (Orchis militaris). Toujours un labelle en forme de pantin, mais cette fois avec le corps étroit et les pieds de travers à la Charlie Chaplin. Le casque est plus pointu et gris bleuté. :
Orchis militaris
Si vous n'avez pas compris ce qu'il faut faire pour obtenir des images plus grandes, il faut arrêter d'urgence Internet et vous remettre au Minitel!!! : Orchis militaris Orchis militaris
Du fait que ces deux espèces de nature très voisine fleurissent simultanément à quelques mètres les uns des autres, les hybrides sont fréquents. On retrouve dans leur anatomie un mélange des caractéristiques des deux espèces :
Ici l'Orchis militaris : Orchis militaris
L'hybride Orchis militaris X purpurea : Orchis militaris X purpurea
Là, l' Orchis purpurea : Orchis purpurea
Sur le versant chaud, mais en partie à l'ombre, on a pu observer plusieurs pieds d'Epipactis helleborine sortant tout juste de terre. Pour les voir en fleurs, il faudra revenir fin Juin début Juillet.
En plein soleil, mais sur une partie où l'humus est un peu plus profond, on observe une belle population de Platanthera chlorantha:
Platanthera chlorantha
Cette espèce est souvent confondue avec Platanthera bifolia qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. On a pu observer cette espèce sur le site, mais elle fleurit en général une quinzaine de jours après Platanthera chlorantha, ce qui rend les hybridations peu fréquentes. D'autant plus que les pollinies ne sont pas disposées de la même façon et que l'éperon n'est pas de la même longueur. La caractéristique essentielle pour identifier Platanthera chlorantha est de repérer ses pollinies légèrement arquées, très espacées et divergeantes comme on peut le voir ici :
Platanthera chlorantha
Au fait, n'oubliez pas les icônes! : Platanthera chlorantha Platanthera chlorantha Platanthera chlorantha
Enfin , au fond du petit chemin, sur les contreforts d'une ancienne carrière exposés plein sud, on trouve l'Ophrys bourdon ou Ophrys fuciflora en tout début de floraison :
Ophrys fuciflora
Suite : Ophrys fuciflora Ophrys fuciflora Ophrys fuciflora
Sur le haut de la carrière, on trouve un certain nombre de pieds d'Orchis moucheron (Gymnademia conopsea) avec les feuilles en palmette assez caractéristique à cette saison (les anciens l'appelait Palma Christi à cause de cette disposition) mais la hampe florale ne fait que pointer. Ils seront en fleur début Juillet.
En arrivant sur la partie haute du site, on rejoint le haut du plateau calcaire. On trouve ici, en cherchant :
groupe2
En plein soleil, très abondant et disséminé, l'Orchis pyramidal (Anacampsis pyramidalis) qui commence à fleurir :
Anacampsis pyramidalis
suite : Anacampsis pyramidalis Anacampsis pyramidalis Anacampsis pyramidalis
A l'ombre des arbustes, quelques pieds de Cephalanthera damasonium. Cette plante donne des fleurs qui s'ouvrent très peu. Celle présentée ici est particulièrement épanouie :
Anacampsis pyramidalis
suite : Cephalanthera damasonium Cephalanthera damasonium
La matinée étant bien avancée, il faut penser au déjeuner! Nous rejoignons donc une aire de pique nique très bien aménagée. Le cantonnier du village a été initié au strict minimum de l'orchidophilie, ce qui lui permet de tondre la pelouse en épargnant quelques pieds d'Himantoglossum hircinum ou Orchis bouc. Nous le remercions particulièrement car cette plante est vraiment splendide, surtout quand, comme ici, vous pouvez profiter de la vue sans subir l'odeur!
Himantoglossum hircinum
suite : Himantoglossum hircinum Himantoglossum hircinum Himantoglossum hircinum
Comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous, l'odeur ne rebute pas les photographes :
groupe4 Pour le repas, chacun apportait son déjeuner. Mais pour assurer une certaine unité, il nous a été offert à tous:
en apéritif : un Chateau Moncontour 2002, Vouvray méthode traditionnelle
pour les sandwitches : un Bourgogne 2001 de chez Coquard, Fleurot et Loiseau particulièrement recommandable.
groupe3 C'est donc dans la gaité que nous sommes allé visiter un marais riche en couleur. Sur ce site, dans la partie la moins humide, vivent quelques pieds d'Orchis mâle (Orchis mascula) . Mais ils étaient défleuris depuis longtemps. En voici tout de même une photo :
Orchis mascula
En zone un peu plus humide, on pouvait trouver l'Orchis morio dont la floraison était bien avancée. Cette espèce s'identifie immédiatement à ses stries vertes sur les sépales latéraux :
Orchis morio
suite : Orchis morio Orchis morio Orchis morio
A cette période, c'était la pleine saison de floraison de l'Orchis de Mai (Dactylorhiza majalis) qui est une plante très robuste, aux feuilles fortement tachetées, avec un épi très dense de fleurs très colorées mais variables :
Dactylorhiza majalis
suite : Dactylorhiza majalis Dactylorhiza majalis Dactylorhiza majalis
La palme de l'esthetisme reviendrait pour ce site à l'Orchis laxiflora. Son épi très lâche (d'où son nom) de fleurs très élégantes au labelle sans tache mais lavé de blanc au centre en fait une pure merveille. Il était en tout début de floraison, mais dans quelques jours, la prairie sera couverte de ces fleurs mauves. Il est ici dans sa station la plus septentrionnale en France :
Orchis laxiflora
Orchis laxiflora
La palme de la rareté revient à l'Orchis grenouille (Coeloglossum viride) qui vit carrément les pieds dans l'eau. Malheureusement, il était encore trop tôt pour les voir en fleur, et nous ne nous sommes surtout pas aventuré dans la zone où il se trouve afin de ne pas risquer de l'écraser. En voici tout de même une photo ancienne :
Coeloglossum viride
Il aurait fallu reprendre les voitures pour aller voir la Néottie nid d'oiseau (Neottia nidus-avis) : Neottia nidus-avis Neottia nidus-avis. Mais il fallait remplir ses devoirs civiques, alors nous nous sommes séparés en nous promettant de revenir une autre année à une autre période pour voir d'autres merveilles! Pendant toute la randonnée, nous n'avons pas regardé que les orchidées car nous ne sommes pas sectaires. Un amoureux de la nature regarde tout ce qui l'entoure.
muscari
chardon
Papillon Enfin, toutes ces merveilles sont fragiles et se raréfient à une vitesse inquiétante. Alors, s'il vous plait, quand vous en rencontrez :

Ne les cueillez pas.
Ne les transplantez pas


Merci pour elles.