Une ballade réussie
Par Philippe le mardi 8 mai 2007, 16:19 - L'association
- Lien permanent
Nous vous proposons ici le compte rendu de la promenade organisée par l'AAOE le
6 Mai 2007 à la recherche des orchidées locales. Les participants ont pu
observer des beaux spécimen de Aceras anthropophorum, Anacampsis pyramidalis,
Cephalanthera damasonium, Dactylorhiza majalis, Himantoglossum hircinum,
Listera ovata, Ophrys fuciflora, Ophrys insectifera, Orchis militaris, Orchis
purpurea, Orchis laxiflora, Platanthera chlorantha. Ils n'ont vu que le
feuillage de Coeloglossum viride, Epipactis atrorubens, Gymnademia conopsea,
Ophrys apifera et Platanthera bifolia.
Ce Dimanche, une douzaine d'adhérents de l'AAOE et amis qui sont partis à
la découverte des orchidées indigènes. Le rendez-vous permet de se regrouper
pour un covoiturage plus convivial. La brume matinale et la fraicheur n'ont pas
découragé les marcheurs :

Nous commençons par une pelouse sèche très variée qui permet de découvrir une
bonne partie des orchidées spécifiques de ce type de milieu.
Un petit chemin est particulièrement interessant car il présente une face
d'exposition Nord-Est assez fraîche et encombrée d'arbustes, et une face
Sud-Ouest très chaude avec une pelouse assez rase.
La première découverte est Listera ovata que l'on trouve en bordure
ombragée des forêts, souvant sous les arbustes. C'est pourquoi elle déploie ses
deux feuilles ovales très larges pour capter le maximum de lumière. Un grand
nombre de ces plantes sont en tout début de floraison et on ne voit alors que
le début de la hampe florale :

Mais d'autre ont atteint leur épanouissement maximum :

Non loin de là, mais sur le versant exposé à la chaleur, on trouve Aceras
anthropophorum ou Homme pendu, compte tenu de la forme du labelle qui
ressemble à un petit pantin avec sa tête globuleuse et ses membres
effilés:

Pour d'autres images plus grandes, cliquer sur les icônes :

Sur les deux versants, on découvre ensuite l'Ophrys mouche ou Ophrys
insectifera. Les spécimens à l'ombre sont en général plus robustes et plus
spectaculaires que ceux exposés en plein soleil :

Pour d'autres images plus grandes, il faut encore cliquer sur les icônes :

On trouve ensuite un bel ensemble d'Orchis pourpre (Orchis
purpurea).
Ici aussi, le labelle est en forme
de pantin mais qui porterait des culottes bouffantes. Il est de plus couvert de
taches velues. Le casque est brun uniforme et de forme presque ronde. On le
trouve surtout au soleil. Quand il pousse à l'ombre, les feuilles sont plus
pâles, la hampe florale plus haute mais l'épi est moins dense :

Devinez ce qu'il faut faire pour obtenir des images plus grandes! :

Exactement dans le même milieu ensoleillé se trouve l'Orchis militaire
(Orchis militaris). Toujours un labelle en forme de pantin, mais cette
fois avec le corps étroit et les pieds de travers à la Charlie Chaplin. Le
casque est plus pointu et gris bleuté. :

Si vous n'avez pas compris ce qu'il faut faire pour obtenir des images plus
grandes, il faut arrêter d'urgence Internet et vous remettre au Minitel!!! :

Du fait que ces deux espèces de nature très voisine fleurissent simultanément à
quelques mètres les uns des autres, les hybrides sont fréquents. On retrouve
dans leur anatomie un mélange des caractéristiques des deux espèces :
Ici l'Orchis militaris : 
L'hybride Orchis militaris X purpurea : 
Là, l' Orchis purpurea : 
Sur le versant chaud, mais en partie à l'ombre, on a pu observer plusieurs
pieds d'Epipactis helleborine sortant tout juste de terre. Pour les voir
en fleurs, il faudra revenir fin Juin début Juillet.
En plein soleil, mais sur une partie où l'humus est un peu plus profond, on
observe une belle population de Platanthera chlorantha:

Cette espèce est souvent confondue avec Platanthera bifolia qui lui
ressemble comme deux gouttes d'eau. On a pu observer cette espèce sur le site,
mais elle fleurit en général une quinzaine de jours après Platanthera
chlorantha, ce qui rend les hybridations peu fréquentes. D'autant plus que
les pollinies ne sont pas disposées de la même façon et que l'éperon n'est pas
de la même longueur. La caractéristique essentielle pour identifier
Platanthera chlorantha est de repérer ses pollinies légèrement arquées,
très espacées et divergeantes comme on peut le voir ici :

Au fait, n'oubliez pas les icônes! :

Enfin , au fond du petit chemin, sur les contreforts d'une ancienne carrière
exposés plein sud, on trouve l'Ophrys bourdon ou Ophrys fuciflora en
tout début de floraison :

Suite :

Sur le haut de la carrière, on trouve un certain nombre de pieds d'Orchis
moucheron (Gymnademia conopsea) avec les feuilles en palmette assez
caractéristique à cette saison (les anciens l'appelait Palma Christi à cause de
cette disposition) mais la hampe florale ne fait que pointer. Ils seront en
fleur début Juillet.
En arrivant sur la partie haute du site, on rejoint le haut du plateau
calcaire. On trouve ici, en cherchant :

En plein soleil, très abondant et disséminé, l'Orchis pyramidal (Anacampsis
pyramidalis) qui commence à fleurir :

suite :

A l'ombre des arbustes, quelques pieds de Cephalanthera damasonium.
Cette plante donne des fleurs qui s'ouvrent très peu. Celle présentée ici est
particulièrement épanouie :

suite :

La matinée étant bien avancée, il faut penser au déjeuner! Nous rejoignons donc
une aire de pique nique très bien aménagée. Le cantonnier du village a été
initié au strict minimum de l'orchidophilie, ce qui lui permet de tondre la
pelouse en épargnant quelques pieds d'Himantoglossum hircinum ou Orchis
bouc. Nous le remercions particulièrement car cette plante est vraiment
splendide, surtout quand, comme ici, vous pouvez profiter de la vue sans subir
l'odeur!

suite :

Comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous, l'odeur ne rebute pas
les photographes :
Pour le repas, chacun apportait son
déjeuner. Mais pour assurer une certaine unité, il nous a été offert à
tous:
en apéritif : un Chateau Moncontour 2002, Vouvray méthode traditionnelle
pour les sandwitches : un Bourgogne 2001 de chez Coquard, Fleurot et Loiseau
particulièrement recommandable.
C'est donc dans la gaité que nous sommes
allé visiter un marais riche en couleur. Sur ce site, dans la partie la moins
humide, vivent quelques pieds d'Orchis mâle (Orchis mascula) . Mais ils
étaient défleuris depuis longtemps. En voici tout de même une photo :

En zone un peu plus humide, on pouvait trouver l'Orchis morio dont la
floraison était bien avancée. Cette espèce s'identifie immédiatement à ses
stries vertes sur les sépales latéraux :

suite :

A cette période, c'était la pleine saison de floraison de l'Orchis de Mai
(Dactylorhiza majalis) qui est une plante très robuste, aux feuilles
fortement tachetées, avec un épi très dense de fleurs très colorées mais
variables :

suite :

La palme de l'esthetisme reviendrait pour ce site à l'Orchis laxiflora.
Son épi très lâche (d'où son nom) de fleurs très élégantes au labelle sans
tache mais lavé de blanc au centre en fait une pure merveille. Il était en tout
début de floraison, mais dans quelques jours, la prairie sera couverte de ces
fleurs mauves. Il est ici dans sa station la plus septentrionnale en France
:


La palme de la rareté revient à l'Orchis grenouille (Coeloglossum
viride) qui vit carrément les pieds dans l'eau. Malheureusement, il était
encore trop tôt pour les voir en fleur, et nous ne nous sommes surtout pas
aventuré dans la zone où il se trouve afin de ne pas risquer de l'écraser. En
voici tout de même une photo ancienne :

Il aurait fallu reprendre les voitures pour aller voir la Néottie nid d'oiseau
(Neottia nidus-avis) :
. Mais il fallait remplir ses devoirs civiques,
alors nous nous sommes séparés en nous promettant de revenir une autre année à
une autre période pour voir d'autres merveilles! Pendant toute la randonnée,
nous n'avons pas regardé que les orchidées car nous ne sommes pas sectaires. Un
amoureux de la nature regarde tout ce qui l'entoure.


Enfin, toutes ces merveilles sont fragiles
et se raréfient à une vitesse inquiétante. Alors, s'il vous plait, quand vous
en rencontrez :
Ne les cueillez pas.
Ne les transplantez pas
Merci pour elles.
Commentaires
Et bien que de beautés vous avez pu admirer au cours de ce dimanche de printemps. Il est bien dommage que je n'ai pu y participer. L'an prochain je serai peut être libre.
Bravo pour les photos et les commentaires. Cela donne envie d'approndir ses connaissances sur les orchidées terrestres. Et oui, il n'y a pas que les exotiques. Notre région est vraiment riche en art floral.
Daniel
Super journée orchestrée par un guide hors pair : Philippe qui nous a aidé à reconnaitre les orchidées locales de la région ! Sans oublier la convivialité (Vouvray et Bourgogne!). De retour chez moi j'ai pu observer Neottia nidus-avis, une plante surprenante par l'absence de couleur verte, sans feuilles avec uniquement une hampe florale marron claire !
Pour moi, la découverte des orchidées de nos contrées est animée de la même démarche qui me pousse à cultiver les orchidées exotiques : la curiosité.
Certe elles sont moins extravagantes au premier coup d'oeil que les Cattleyas et autres Vandas... mais a y regarder de plus près, elles ne manquent pas de charme et d'interêt comme nous avont pu le constater durant cette journée !
Bravo, à renouveler !!!
bonjour,vraiment du tres bon travail que la réalisation de ce site et félicitation pour l'actualisation. Par la pensée nous êtions avec vous , mais le travail nous retenait on a fait que 18h00 ce jour la!!! on espere être des votres pour la prochaine sortie découverte. A bientôt