L'installation


Le bac
Là c'est histoire de goût, de place, de budget. Cependant je vous déconseille les bacs trop hauts, excédant un mètre(vous aurez du mal à apporter la lumière nécessaire à vos protégées) et les trop petits car il est très difficile de gérer un petit volume au niveau de l'humidité ou de la température, même si cela est possible avec énormément d'attention.
Dans l'article qui suit je ne traite pas d'un aquarium provisoire qui sert de hall d'exposition à vos plantes en fleur mais bel et bien d'un monde interne où vos orchidées passeront une grande partie de leur vie. Si vous désirez construire un bac d'exposition simple c'est très facile et demande très peu de données techniques. À partir de là libre à vous d'acheter, construire, faire construire sur mesure le bac de vos rêves. Long, rectangulaire, carré, octogonal... Enfin laissez libre court à votre imagination !
La lumière
Nous ne vous apprendrons rien en vous disant que les plantes et plus particulièrement les orchidées, ont besoin de lumière. Avant de vous apporter diverses solutions possibles, un peu de science :
Avant d'installer des lampes dans votre aquarium, il faut prendre en compte trois notions capitales
  • La lumière blanche est composée d'une multitude de couleurs visibles comme invisibles. Celles qui nous éclairent se situent entre 3500 et 7000 angstrôms.
  • La partie de la lumière que notre œil prend en compte, ne correspond pas à celle qui correspond aux plantes.
  • Aucune source d'éclairage artificiel ne correspond intégralement à la satisfaction de notre œil et aux besoins des plantes et ici des orchidées. Ce qui, vous vous en doutez, va nous poser certains problèmes.
Contrairement à nous, les plantes ont des besoins totalement différents en ce qui concerne la lumière. Un schéma étant beaucoup plus explicatif qu'un long discours, je vous propose de jeter un oeil à la figure 1
On constate que les plantes ont des besoins au niveau du bleu/vert et d'autres au niveau de l'orange/rouge (il faut savoir que chez les plantes à fleurs, ce sont les ondes qui se situent au niveau du rouge qui initient la floraison). Prendre en considération ces données va nous permettre de cibler plus facilement le type d'éclairage que nous pouvons installer dans notre aquarium. On peut en déduire qu'il va falloir un éclairage qui tire sur le rouge mais aussi sur le bleu.
Alors quoi utiliser? Lampes à incandescence, tubes dits « néons », lampes à haute pression? En fait il existe beaucoup de solutions de la plus simple à la plus sophistiquée. Un autre point est à prendre en considération : l'argent ! Si comme moi vous préférez dépenser votre argent dans l'acquisition de nouvelles plantes alors vous allez être à la recherche d'une solution la plus économique possible.
Avant tout je vous propose d'analyser les différents types d'éclairages que Ton peut rencontrer dans le commerce.
L'éclairage à incandescence
Les lampes à incandescence, à filament, donnent une lumière dont la courbe est très éloignée de la lumière naturelle. Pour notre œil, il s'agit d'une bonne lumière, par sa richesse en rayons jaunes et rouges. Cependant comme nous l'avons vu ci-dessus, elle ne correspond pas entièrement au besoin des plantes. De plus ce type de lampes sont très riches en infrarouges et ont pour effet de dégager énormément de chaleur et d'augmenter la température.
Sur la figure 2 , on constate de suite que les lampes à incandescence ne sont pas suffisantes pour la culture des orchidées.
L'éclairage fluorescent
Les tubes dits « néons » sont proposés sous différentes appellations : blanc industriel, blanc warm, blanc cool, lumière du jour, horticole. Ce sont les tubes que l'on rencontre le plus souvent dans un aquarium. Ils sont très utilisés dans la culture des orchidées. Soit en complément de la lumière du jour, soit en la remplaçant totalement, dans le cas de culture en cave par exemple.
Certes ils sont plus compliqués à installer qu'une simple lampe à incandescence en raison de la présence du transformateur (ballast). Mais ils sont très économiques à l'achat comme à l'utilisation et dégagent très peu de chaleur. Pour limiter la chaleur que dégage le ballast, je conseille de le placer à l'extérieur de l'aquarium ce qui en plus permet de limiter les problèmes et les dangers que peut occasionner la culture en aquarium qui contient une certaine humidité peu compatible avec l'électricité.
Vous-vous doutez bien que tous les tubes ne répondent pas aux exigences des orchidées. Ainsi si vous utilisez exclusivement des tubes « classiques » de type blanc industriel, vous ne pourrez pas cultiver des orchidées avec succès. Allez, encore un tableau Figure 3, la courbe qui correspond à ce genre de tube et dessous celle correspondant aux tubes horticoles.
Eclairage fluorescent type « blanc industriel »
Comme on peut le constater les tubes de type blanc industriel ne correspondent pas du tout aux besoins de plantes par contre ils sont complètement adaptés aux besoins de nos yeux.
Eclairage fluorescent horticole
Ces tubes sont les plus adaptés aux besoins de nos plantes. Par contre ils ont la fâcheuse tendance à dégager une lumière rosé, que personnellement je trouve vraiment affreuse et qui a tendance à transformer la couleur naturelle des plantes (le vert des feuilles devient « marron »), rappelons que notre aquarium doit se trouver dans le salon pour mettre en valeur nos plantes. Enfin c'est histoire de goût.
En conclusion : pour répondre, sans trop se « creuser la tête », pleinement aux besoins de nos plantes je conseille, si la couleur ne vous dérange pas, l'utilisation de tubes horticoles à raison de trois tubes minimum. Mais ce n'est pas la seule solution.
De nos jours en trouve en jardinerie et magasin d'aquariophilie bon nombre de tubes couvrant un large spectre lumineux. Il existe par exemple des tubes dits lumière du jour. Personnellement je n'ai jamais testé ces tubes mais ils semblent aussi répondre au besoins de nos plantes. A voir donc.
Pour ceux qui ont un souci de simplification et de budget je vous conseille la solution suivante que j'ai testée pendant de nombreuses années. Certes ce n'était pas en aquarium mais en étagère ce qui selon moi répond aux mêmes exigences.
Pour quatre néons : deux de type blanc Warm (qui couvre principalement le rouge du spectre de la lumière) et deux de type blanc Cool (qui couvre le bleu) et une petite ampoule à incandescence de 25 W. Avec ce compromis vous obtiendrez un résultat tout à fait satisfaisant avec un grand panel d'orchidées (Aerangis, Bulbophyllum, Paphiopedilum et Phalaenopsis, plus la majorité des terrestres principalement les orchidées dites bijoux)
Une autre solution consiste à associer des tubes horticoles, un tube type « blanc industriel » et une ampoule à incandescence.
Dans l'introduction je parle des lampes à haute pression de types HQI. En raison de la limitation d'espace que nous impose l'aquarium, je ne m'attarderai pas sur le sujet car la place qu'ils occupent et la chaleur qu'ils dégagent rend impossible l'utilisation de ce type d'éclairage en aquarium.
Pour finir sur le sujet je vous conseille la visite de l'excellent site de la firme Hollandaise « Vivaria » (http://www.vivaria.nl/) spécialisé dans la conception de vivarium de toutes beautés. La lumière qu'ils utilisent est une lampe à fluorescence de la marque Osram qui semble convenir totalement à la culture de plantes. À approfondir.
En ce qui concerne la durée de l'éclairement elle varie suivant les saisons. En hiver et lors de la période de repos il est conseillé de laisser la lumière 12 heures par jour. En période de végétation, printemps et été 14 heures de lumière minimum pour une réussite optimum.
Rappel : les Cattleya demandent une alternance jour/nuit très régulière et quand ils sont dans le noir, ils doivent être dans une obscurité complète pour pouvoir fleurir. Une simple lampe de chevet près d'un Cattleya peut conduire à une absence de floraison.
L'aération
Vous le savez la majorité des orchidées vivent, à l'état naturel, de façon épiphyte. C'est-à-dire qu'elles vivent accrochées aux branches des arbres sans les parasiter. Donc elles « baignent » dans un air en perpétuel mouvement. Ce point important est à prendre en compte quand vous aménagerez votre aquarium. Il est donc indispensable de prévoir une ventilation dans votre bac. De plus cette ventilation évitera la condensation de l'humidité sur les parois du bac ce qui, du point de vue esthétique, n'est pas du plus bel effet. Pourquoi aménager un aquarium avec des orchidées si on n'y voit rien au travers en raison d'une trop forte condensation sur les vitres.
Il existe deux types de ventilateur qui répondent à l'aménagement d'un bac. L'hélice classique que l'on rencontre partout et le modèle vertical qui possède la même utilité mais sont plus difficile à trouver (ce ventilateur ressemble à un tube, ouvert par une fente, dans lequel est inséré un système de pales. Il a l'avantage de produire un flux d'air moins ciblé que le ventilateur à hélice car l'air qu'il produit est soufflé en longueur).
Toujours dans un souci d'économie je vous conseille l'utilisation des ventilateurs que l'on trouve dans les unités centrales d'ordinateur, dans l'alimentation plus précisément. Ils sont alimentés en faible voltage ce qui encore une fois est tout à fait conseillé dans notre installation afin d'éviter tout choc lié à l'humidité et à l'électricité. Il convient donc de brancher ces ventilateurs à un transformateur couvrant de 1,5 V à 12 V. Vous pourrez ainsi varier la vitesse de rotation et donc la puissance du courant d'air dans votre bac. Je vous conseille d'attacher le ventilateur en haut du bac dirigé vers le sol en adoptant un angle de 45 degrés ce qui permet de varier les besoins en air de plantes (les plantes plutôt fraîches près du ventilateur les autres plus éloignées proportionnellement à leurs besoins en température. Plus on s'éloigne du ventilateur moins les orchidées subissent la fraîcheur qu'occasionné le vent) Je vous conseille de placer les genres comme Masdevallia, Pleurothalis ou Lepanthes très près du ventilateur pour permettre une culture optimale même si ces genres ne sont pas simples à cultiver en aquarium en raison de leur besoin en fraîcheur. Mais il existe dans ces genres des espèces qui supportent mieux les températures élevées (nous verrons cela dans la deuxième partie de cette article)
Les ventilateurs verticaux se placent soit horizontalement en haut du bac, soit perpendiculairement le long de la parois. Ils sont plus chers à l'achat et plus difficiles à trouver. Cependant on peut en commander sur le net ou dans les magasins spécialisés dans l'élevage des animaux de vivarium comme les Dendrobates ou autres.
Disposition du ventillateur :

Je vous conseille de laisser fonctionner le ventilateur 24H/24 pour deux raisons :
Eviter toute stagnation de poches d'humidité dans le bac ou au niveau des plantes qui peuvent conduire à des pourritures avec tous les désagréments que nous leur connaissons !
Aider lors de l'extinction des lampes à rabaissement de la température dans le bac. Abaissement indispensable aux orchidées pour fleurir.
L'humidité
Ce problème est le plus facile à gérer dans un aquarium, pour une raison simple, vous vous trouvez dans un milieu clos.
Plusieurs solutions, de la plus simple à la plus évoluée, s'offrent à vous :
Profiter de l'eau d'écoulement des pots au fond du bac qui sous l'effet de la chaleur dégagée par l'éclairage et la ventilation s'évapore.
Seulement veillez à ne pas laisser les pots baigner dans cette eau stagnante sous peine de pourriture des racines. À part les Phragmipedium les orchidées détestent ce traitement à long terme. La solution la plus simple consiste à poser au fond du bac des pots retournés sur lesquels vous poserez vos pots d'orchidées, mais avouez que le résultat n'est pas des plus joli... Je vous propose soit de, pour des raisons de facilité et de connaissance en bricolage, couvrir le fond du bac d'une épaisse couche de billes d'argile expansée, de cailloux, de sable d'aquarium, enfin d'un matériau stable et insensible à l'humidité, sur lequel vous poserez vos pots ; soit de construire à l'aide de bois exotique une sorte de grille sur pilotis. C'est plus dur à construire je vous l'accorde mais tellement plus élégant. De plus à l'aide de ce système, vous pourrez contrôler le niveau de l'eau sous les pots ce que la couche de billes ne permet pas.
Disposition du caillebotis dans l'aquarium :

Schéma d'un caillebotis posé au fond du bac Si vous le souhaitez, vous pouvez plonger dans l'eau, sous le caillebotis, une résistance chauffante qui en augmentant la température de l'eau provoque une humidité atmosphérique supplémentaire. On peut utiliser deux types de résistances : celles que l'on utilise pour les aquarium qui chauffent l'eau (simple à utiliser et à installer) ou celles que l'on trouve en jardinerie, qui servent à augmenter la température du compost dans les « mini-serres », elles se présentent sous forme de câble généralement de couleur vert. Elles sont facile d'emploi mais demandent à être collées au fond du bac à l'aide de silicone ou vous pouvez les maintenir au fond à l'aide de grosse pierre. Un autre moyen pour élever l'humidité de l'air dans votre aquarium consiste à utiliser un humidificateur électrique. Ils sont de quatre ordres :
À évaporation chaude :
l'eau placé dans un récipient, sous l'effet d'une résistance puissante, chauffe l'eau qui s'évapore par un orifice au dessus du bac.
Avantages : Vous pouvez utiliser l'eau du robinet car en s'évaporant le calcium présent dans l'eau reste dans l'appareil, veiller de temps en temps à le détartrer.
Inconvénients : II dégage de la vapeur d'eau donc de la vapeur chaude ce qui peut augmenter considérablement la température de votre bac. Il a une consommation en électricité non négligeable II prend un certain volume. Personnellement je ne conseille pas cet appareil pour aquarium.
À évaporation froide :
l'eau placée, dans un bac, par un système de capillarité le long d'un bloc en matière absorbante, est traversée par un courant d'air forcé. Elle se charge en humidité tout en baissant de température. C'est le principe du colling System très en vogue il y a quelques années dans les serres de producteurs (ce système simple et économique reverra sûrement le jour pour bien des raisons et la première, son efficacité redoutable ! Je suis actuellement à la recherche d'un mmi-colling pour aquarium à Masdevallia utilisant un ventilateur et un filtre à air de voiture)
Avantages : Prix d'achat peu élevé. Consommation électrique très faible. Il est possible d'utiliser l'eau du robinet Abaissement de la température à l'intérieur de l'aquarium.
Inconvénients : Un volume important, en effet l'appareil qui est actuellement sur le marché possède un réservoir très gros qui prend une place importante. Il faut entretenir la masse absorbante qui a tendance à se couvrir d'algues tous les mois. Et la changer tous les 6 mois environ. Personnellement j'ai longtemps utilisé cet appareil avec de grandes satisfactions il n'était pas dans un aquarium mais dans une pièce où étaient cultivées mes orchidées. Il avait déjà une utilité très satisfaisante alors au sein d'un volume clos, tel qu'un aquarium, je pense qu'il peut faire des miracles !
A ultrasons :
L'eau placée dans un récipient est mise en contact avec une cellule à quartz qui, par vibration très, très rapide, la transforme en brouillard. Avantages : Le brouillard qui est projeté à la sortie de l'appareil est froid, donc pas d'élévation de la température excessive. Cet appareil est très efficace. Coût de consommation très faible.
Inconvénients : Un prix d'achat pas négligeable bien que l’on trouve sur le net des cellules à des prix très attractifs qui permettent la construction d'un appareil. Impossible d'utiliser l'eau du robinet car contrairement au modèle présenté ci-dessus, le calcium présent dans l'eau est aussi transformé par la cellule en fine poussière que l'on retrouve avec le temps sur les feuilles sous forme d'une pellicule blanche, donc obligation d'utiliser de l'eau déminéralisée ou l'eau de pluie si cette dernière est très propre (la cellule de l'appareil est très fragile et très sensible au dépôt. Sans un entretien régulier et minutieux, sa durée de vie ne dépasse pas un an...)
Cet appareil est idéal pour un aquarium, à condition d'être très vigilant. Il est idéal pour ceux qui souhaitent aménager un aquarium pour plantes de climat tempéré/frais.
À pulvérisation :
Si vous avez des facilités en matière de bricolage et que vous connaissez les systèmes Gardena je vous conseille la confection d'un système à pulvérisation qui, programmé correctement, peut vous donner de grandes satisfactions.
Avantages : Apporte une grande humidité en pulvérisant directement les plantes. Limite les arrosages, voire les supprime, s’il est correctement programmé dans le cas d'une culture exclusivement sur plaques.
Inconvénients : Demande une installation technique compliquée . Nécessite un réservoir et une pompe sous l'aquarium ou dans une sorte de local technique. « Impossible » d'utiliser l'eau du robinet. Il existe dans le commerce un système à pulvérisation à haute pression pour vivarium d'une très grande efficacité. Cependant son prix d'achat est plutôt élevé (voir encore une fois chez Vivaria)
Volontairement je ne traiterai pas ici des problèmes d'arrosage ou d'engraissage concernant les orchidées car ce n'est pas une particularité de l'aquarium. Que ce soit en culture au bord d'une fenêtre, dans une chambre, dans une serre. ces questions sont toujours les mêmes.

Les plantes en orchiderarium


Votre orchiderarium étant fin prêt à recevoir ses pensionnaires, il vous reste la partie la plus amusante du travail à faire : le remplir. Voici quelques conseils et remarques pour vous aider dans vos choix et vous éviter les erreurs que j'ai pu commettre. Trois cas peuvent se présenter :
Aquarium d'acclimatation
Si vous avez choisi le système de l'orchiderarium pour pouvoir cultiver des plantes qui ne s'acclimateraient pas dans votre intérieur, vous êtes dans ce cas. C'est alors plus l'orchiderarium qui s'adapte aux besoins que l'inverse. C'est ce qui se produit naturellement si vous jetez votre dévolu sur des plantes de serre chaude, appréciant une forte hygrométrie et une lumière normale à modérée.
Quasiment tous les autres cas sont possibles mais au prix d'aménagements techniques non envisagés dans cet article, et que je ne puis traiter ici tant le sujet serait vaste. Le cas des plantes de serre chaude humide quant à lui vous renvoie au troisième cas de cette partie.
L'aquarium vitrine
Une telle installation peut en effet mettre en valeur vos plantes fleuries ; dans ce cas, votre principale limite sera la taille de la plante en fleur. En effet, les orchidées supporteront généralement bien les conditions de l'aquarium, même si elles sont éloignées de leurs besoins habituels, dans la mesure où c'est une période relativement brève. Il est possible que cela écourte la floraison, comme les Masdevellia, mais je l'ai peu constaté et il est envisageable de préférer trois semaines de floraison dans votre salon à deux mois de floraison dans votre garage bien frais !
L'orchiderarium comme microcosme
Je parle là d'une installation permanente, d'un petit écosystème, d'une « mini-jungle » idéale, d'un petit morceau de paradis fleuri dans votre salon.
Ce cas de figure assouplit certaines contraintes ; il permet d'utiliser un aquarium de petite taille par exemple, grâce à l'usage de plantes très miniatures et à l'absence de pots qui prennent une grande partie de la hauteur disponible dans les autres cas.
Il en introduit d'autres, en particulier un choix judicieux des espèces dès le départ, car la plante devra vivre en permanence dans ce milieu assez spécial et très homogène ; il faut donc vous orienter vers un type de « climat » dans la latitude permise par votre installation, et n'y mettre que des plantes qui l'apprécient.
Le plus simple est de vous orienter vers des plantes de serre chaude à tempérée chaude, aimant une forte humidité ambiante sans période de repos, et n'exigeant pas une lumière spécialement intense (qu'il serait possible mais contraignant d'apporter). Sans oublier bien sûr le critère premier de la taille hampe florale incluse puis en essayant de privilégier les jolis feuillages et d'échelonner les floraisons, afin d'avoir un « aquarium » décoratif en toute saison.
Vous pourriez par exemple tapisser le fond de 5 ou 6 cm de compost à orchidées, et y planter directement les plantes basses et les moins exigeantes en lumière (certains Paphiopedilum seraient parfaits pour cela). De cette base sortiraient des branches ou souches (soigneusement nettoyées et désinfectées au préalable !) style ceps de vigne, lierre, écorce de chêne liège ou branches d'acacia, que vous pourrez tapisser d'épiphytes comme les Oncidium equitants, certains Dendrobium miniatures, chauds sans périodes de repos, de petits Bulbophyllum (attention à la taille des hampes florales !), des Angraecum miniatures, des Phalaenopsis botaniques, des Trichopilia. Nombre de plantes habituellement difficiles se plaisent beaucoup dans ces conditions ; il convient de penser à leur développement futur et de ne pas trop les « serrer » à la plantation.
Dans ces conditions l'arrosage se fait une fois par semaine à une fois tous les 15 jours, au pulvérisateur, avec un engrais équilibré à demie dose (0,5 g/1) dilué dans de l'eau de pluie. Je vous déconseille franchement d'essayer d'augmenter l'hygrométrie de votre orchiderarium chaud par un appareil quel qu'il soit, tant elle est déjà élevée du fait du confinement et de la température liée à l'éclairage et ce même si vous y installez beaucoup d'épiphytes. Ne pas oublier de mettre régulièrement de la dolomie autour des Paphiopedilum (tous les ans) et d'ouvrir le dessus de l'aquarium quelques heures après l'arrosage pour sécher un peu les plantes.
Enfin, je vous conseille de faire particulièrement attention à l'état sanitaire des plantes que vous introduisez dans votre orchiderarium : toute maladie (fongique, virale ou bactérienne) y trouvera d'excellentes conditions pour se développer, tout comme vos plantes.
Pour finir, je vous propose une petite liste non exhaustive de plantes dont les exigences correspondent aux conditions d'un orchiderarium tel que décrit ci-dessus, voire avec simplement les néons prévus dans l'installation d'origine pour peu que vous les choisissiez de spectres complémentaires, les changiez au moins une fois par an, et les munissiez d'un réflecteur.
À planter dans le fond: Paphiopedilum miniatures de serre chaude : bellatulum, concolor, niveum, godefroyae, pour les blancs plus ou moins pointillés de rouge, ont un magnifique feuillage tesselé (marbré gris et vert, ou vert clair et vert foncé). Ils peuvent fleurir deux fois par an en aquarium et sont très compacts, certains ne dépassant pas 10 cm d'envergure adulte, avec des hampes florales courtes. « casables » mêmes dans les plus petites installations !
Emersonii et ses hybrides pour les blancs, rosés et jaunes clairs les feuilles sont vertes pour celui-là. Drury, jaune et brun, difficile à trouver. Ce ne sont que quelques idées.
Autres plantes pour le « sol » de l'aquarium : Cochleanthes — attention, certains deviennent assez hauts. Grandes fleurs blanches et violettes, plus ou moins foncées, plusieurs fois dans l'année (3 ou 4 sur les grosses touffes), surtout pour les hybrides.
Ludisia discolor, au très beau feuillage velouté et strié dans les rouges, décorative toute l'année.
Macodespetola, vert striés de doré, superbe et c'est l'un des rares moyens de la garder en vie... En épiphyte sur les branches ou souches avec du sphagnum : Phalaenopsis botaniques comme parishii (minuscule), lindenii, wilsonii, manii, voire violeacea mais il prend un peu plus de place. Un hybride comme minimark est tout à fait utilisable également.
En matière d'angraecoïdes, je retiendrais Angraecum distichum, au joli feuillage imbriqué, elephantinum (mais floraison brève), ou des Aerangis tels punctata ou curnowiana,fastuosa, etc.
Dans les Bulbophyllum, attention à la taille des inflorescences ; vous n'aurez pas de problèmes avec lasiochilum, putidum, et de très nombreux Cirrhopetalum miniatures.
Certains Pleurothallis de serre chaude seraient indiqués également, mais comme il y a un millier de botaniques dans ce genre, je vous invite à vous renseigner !
Certains Oncidium, notamment ceux dits « equitants », conviendraient également fort bien, comme bahamense (feuilles en éventails et fleurs mauves), variegatum (même feuillage mais blanc à rosé), ou les howeara (miniprimi, lava burst). Attention à ne pas introduire d’oncidium de serre froide ou à période de repos indispensable.
Le même problème se rencontre avec les Dendrobium, certains étant tout à fait adaptés, comme lavesii (existe en de nombreuses couleurs), compactum ou même peut-être même tragonum giganteum, plus chaud que la version « normale ».
Ces quelques noms sont autant de suggestions parmi une foule d'autres que je regrette de ne pouvoir citer sous peine de transformer cet article en un très long pensum !
Si vous installez un orchiderarium et qu'une plante non citée ici vous donne particulièrement satisfaction, n'hésitez pas à nous faire part de ce succès afin de le répercuter à l'ensemble de l'association. Si vous n'avez pas envie de chercher des plantes adaptées ou de prendre le risque d'une erreur, vous pourrez piocher dans cette liste que j'ai pour la plus grande partie testé.
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter de très belles réussites dans ce domaine prometteur à mon avis, et nous attendons vos photos : tous à vos aquariums !
Marie et Marc