Le genre Phragmipedium
C'est en 1827 que le premier représentant des sabots de Venus originaire d'Amérique du sud est découvert.. On doit cette découvert à Vellozo un botaniste portugais qui vécut de nombreuses années en Amérique du sud et principalement au Brésil.
Le genre est établi par Rolfe en 1896 dans V Orchid Review (The Cypripedium Group, R. A. Rolfe in The Orchid Review (1896) 4 : 331). Cependant en 1898 le genre Phragmipedium est à nouveau rebaptisé pour Phragmopedilum par Pfitzer en raison de l'existence du nom phragmipedium comme section du genre Paphiopedilum. Il faut attendre 1975 pour qu'à nouveau les participants au 12e congrès botanique international de StPetersbourg redonnent au genre son appellation d'origine : Phragmipedium. Depuis aucun botaniste n'est encore revenu sur cette appellation. Le nom Phragmipedium vient du grec Phragma (division) et Pedion (chausson) en référence à la division en trois loges de l'ovaire contenu dans le pédicelle et par la forme du labelle en chausson.
C'est au 19e siècle que la majorité des Phragmipedium est découverte. Il faut attendre 80 ans pour voir de nouveau apparaître une nouvelle espèce! A l'époque le genre est peu cultivé, entre autre P. caudatum et P. schlimii mais on ne maîtrise pas encore leur culture et il s'avère difficile à conserver d'où une chute dans l'oubli rapide. Le regain pour ce genre nous le devons à la découverte, en 1981, de Phragmipedium besseae qui, avec sa couleur magnifique, relance le goût pour ce genre et son utilisation dans l'hybridation.
Actuellement le genre compte 24 espèces. Ce genre fait partie de la sous-famille Cypripedioideae qui comporte cinq genres: Paphiopedilum, Phragmipedium, Cypripedium, Mexipedium et Selenipedium. Les Phragmipedium sont originaires d'Amérique de sud alors que les Paphiopedilum se rencontrent en Asie.
Sympodiaux, cespiteux, ils sont lithophytes voire épiphytes , on a longtemps pensé que les Phragmipedium étaient terrestres. Mais en fait ils poussent sur des roches ou des branches couvertes d'humus ou de mousse, plus ou moins épaisses, dans lesquels ils plongent leurs racines. On les rencontre près des cascades où règne une forte humidité ambiante, et ou les racines de certaines espèces sont parfois presque noyées. Le regain pour ce genre et son hybridation prolifique à l'heure actuelle, doit son origine à la découverte de nouvelles espèces superbes : P. besseae en 1981 aux magnifiques couleurs allant du violet (il en existe un clone au Japon actuellement) au blanc en passant par le jaune et l'orange/rouge et P.facherii (1996) aux tons rosés. Sans parler de la toute nouvelle découverte en 2002 du P kovachii à la couleur pourpre absolument splendide ! L'inflorescence apicale est plus ou moins longue de 20 cm ou plus pour les P. besseae à 140 cm pour le P. lindleyanum. Elle est multiflore, mais soit à floraison simultanée pour Plindenii, caudatum, exstaminodium, etc., soit à floraison successive pour P. besseae, schlimii, pearcei, longifolium. Généralement l'inflorescence n'est pas ramifiée mais P. dalessandroi et P. besseae ont tendance à se ramifier pour notre plus grand plaisir !
Morphologie du genre
Plante herbacée épiphyte, terrestre ou lithophyte. Originaire d'Amérique du sud et d'Amérique centrale. Inflorescence plus ou moins longue suivant les espèces, pubescente ou glabre, à floraison successive ou simultanée. Comme toutes les orchidées, les Phragmipedium se composent de 6 éléments : 3 sépales (parties extérieures du périanthe soudées à l'ovaire) et 3 pétales (parties internes du périanthes soudées à la colonne). Cependant, comme tous les autres genres appartenant aux Cypripedioideae deux points les caractérisent :
- la transformation du labelle en sabot ;
- la soudure des deux sépales latéraux en un seul qui porte le nom de synsépal. Le genre se divise en 6 sections :
Section Phragmipedium
Les pétales plus longs que les sépales. Inflorescence multiflore et fleurs qui s'ouvrent simultanément. Cette subdivision renferme les espèces suuivantes : P. lindenii, P. exstaminodium, P. popowii, P. warszewiczianum, et P. caudatum
Section Himantopetalum (pétales semblables à des lanières)
Plante au feuillage ressemblant à celui d'une « plante grasse », les feuilles sont épaisses. Absence de protubérance le long du bord supérieur du sabot. Inflorescence multiflore à floraison successive (parfois deux fleurs simultanément mais la plus âgée ne tarde pas à tomber) les pétales de la fleur sont, une fois la fleur complètement développée, deux à trois fois plus long que le sépale dorsal. Mis à part P. klotzscheanum qui est originaire du Venezuela et de la Guyane, tous les membres de cette section se développent dans les Andes à une certaine élévation. Les espèces de cette section sont : P. caricinum, P. christiansenianum, P. pearcei, P. klotzscheanum, P. richterii et enfin P. tetzlaffianum
Section Platypetalum
Cette section se caractérise par la forme différente de ses sépales et pétales. Contrairement aux autres Phragmipedium qui ont des pétales et sépales de type ensiforme ceux de cette section sont spatulés, l'inflorescence est haute et à floraison successive. Cette section ne renferme que l’espèces P. lindleyanum avec ses deux variétés kaieteurum (à staminode triangulaire) et sargentianum (dont le staminode est presque carré).
Section lorifolia (feuilles en forme de lanière)
Les pétales de cette section sont deux à trois fois plus long que les sépales, le sabot porte deux protubérances, en forme de corne, de chaque côté de l'ouverture. Inflorescence en racème à floraison successive. Cette section regroupe les espèces : P. longifolium (et ses variétés roezlii et chapadense), P. hartwegii, P. boissierianum (et ses variétés czerwiakowianum et reticulatum), P. hirtzii et P. vittatum
Section Micropetalum
Cette section se caractérise par les similitudes entre les pétales latéraux et le sépale dorsal tant au niveau de la forme que de la couleur. Les pétales sont plus larges que ceux des autres sections et ne sont pas ensiforme mais ovales. Le sabot porte sur ses parties latérales et la partie arrière, entre les veines, des ouvertures translucide mais non percées ; le staminode est ovale. Cette section regroupe les espèces : P. schlimii, P. fischeri, P besseae et P. dalessandroi
Section schluckebieria
Cette nouvelle section créée par Braem, en 2004, pour la nouvelle espèce P. kovachii se distingue par des plantes de type cespiteuse (en touffe) d'une morphologie très proche de celle des plantes de la section Micropetalum, des feuilles linéaires à l'apex en pointe, une inflorescence érigée qui porte une à deux voire trois fleurs maximum, une fleur grande, minimum 9 cm de large, un sabot trilobé, à apex arrondi, une ouverture du sabot large.
Description des différentes espèces
Phragmipedium caudatum
Étymologie : caudatum, en forme de queue, en référence aux longs pétales rampants.
Distribution : Équateur, Pérou et Colombie (mais plutôt rare).
Caractéristiques : Feuilles imbriquées, condupliquées à l’apex entaillé. Inflorescence pubescente d’environ 60 cm de long. Fleurs grandes qui s’ouvrent simultanément. Le sabot n’est pas évasé et les sépales sont tesselés.
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Phragmipedium caudatum :
Phragmipedium caudatum wallisii
Phragmipedium warscewiczianum
Étymologie : warscewiczianum : en honneur du découvreur et collecteur polonais J.DEWarscewicz, à l’origine de la découverte de nombreuses espèces.
Distribution : Guatemala et probablement Honduras, Nicaragua et Costa-Rica.
Caractéristiques : plante herbacée épiphyte. Feuilles uniformément vertes aux marges vertes plus clair à jaune inégalement bilobées. inflorescence dressée jusqu’à 50 cm portant 2 à 4 fleurs qui s’ouvrent simultanément. Bord du sabot évasé, sépales veinés, non vivement tessellés.
Phragmipedium popowii
Étymologie : nommé popowii en l’honneur de M.Nebojscha Popow (1950 —-) de Fallersleben (Allemagne) qui pendant plus de trente ans est à l’origine de l’introduction de nombreuses nouvelles espèce en culture.
Distribution : Amérique centrale.
Caractéristiques : Feuilles pouvant atteindre 35 cm de longueur. Inflorescence pubescente de 25 à 35 cm portant 2 à 4 fleurs ouvertes simultanément, bien au dessus du feuillage. Sabot teinté de sombre à l’orifice. (Les plantes vendues actuellement sous le nom de warszewiczianum sont en fait cette nouvelle espèce).
Phragmipedium exstaminodium
Étymologie : Cette appellation est en référence à l’absence du staminode chez cette espèce
Distribution : Mexique (Chiapas, Tziscao à une altitude de 1700 m)
Caractéristiques : Cette variété se caractérise donc par l’absence du staminode. Particularité qui se conserve lors de la multiplication artificielle. C’est donc une variété et non une anomalie.
Phragmipedium lindenii
Étymologie : En honneur à Jean Jules Linden, collectionneur luxembourgeois-belge, hybrideur et à l’origine, entre autre, des 17 volumes de la Lindenia.
Distribution : Colombie, Équateur et Venezuella (probablement)
Caractéristiques : une seule différence par rapport aux autres membres de la section phragmipedium : l’absence de labelle ou plutôt sa transformation en troisième pétale très long.
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Phragmipedium lindenii :
Phragmipedium lindenii
Phragmipedium caricinum
Étymologie : Caricinum en référence à la ressemblance des feuilles à celles des carex
Distribution : Bolivie
Caractéristiques : Sinsépale hirsute plus court que le sépale dorsal. Staminode très velu à la base, en forme de coeur, la densité des poils diminue en approchant du centre. Plante de taille moyenne. Il existe une forme plus grande mais aux fleurs de même taille que l’espèce compacte.
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Phragmipedium caricinum :
Phragmipedium caricinum
Phragmipedium christiansenianum
Étymologie : christiansenianum en hommage à Hans Christiansen qui multiplia cette espèce et la cultiva pendant des années. À l’origine Hans Christiansen pensait que c’était une forme compact de P. longifolium. Il décida de la multiplier pensant que cette forme ferait une excellente plante en pot. Mais Olaf Gruss eut l’occasion d’étudier cette plante et constata qu’elle n’était en rien apparenté à P. longifolium mais plutôt à P. pearcei. Des analyses plus précises conduirent à la définir comme nouvelle espèce.
Distribution : Colombie
Caractéristiques : Très proche de P. pearcei mais diffère par : un rhyzome très court (les pousses sont les unes contre les autres), feuilles un peu plus longues et larges, inflorescence glabre à bractée larges, fleurs larges, crème d’environ 12,0 cm. Sépale dorsal relativement étroit (5 x 2 cm), Staminode elliptique renversé couvert de poils brun violacé sur les côtés et le dessus.
Phragmipedium pearcei
Étymologie : pearcei en l’hommage à M. Pearce collectionneur de la firme Veitch.
Distribution : Est de l’Équateur jusqu’à la frontière de la Colombie.
Caractéristiques : Feuilles longues et fines, pseudobulbes distants les uns des autres, inflorescence de couleur brune. Staminode en forme de demi ovale couvert de poils sur le dessus. Centre du staminode glabre.
Phragmipedium klotzscheanum
Étymologie : Phragmipeidum klotzscheanum doit son nom en l’hommage au Docteur Johann Klotszch, conservateur de l’herbarium de Berlin de 1833 à 1860.
Distribution : Sud-est du Venezuella et voisinage du Brésil et de la Guyanne.
Caractéristiques : Ovaire et pédicelle densément poilu. Les pétales sont glabres, staminode large et cordiforme, long rhizome. Cette espèce, en raison de ces particularités in situ, est rarement cultivée. En effet, dans son milieu naturel, la plante est baignée continuellement par une eau en mouvement (Les racines baignent dans l’eau des rivières). Elle demande un compost très humide mais pas stagnant
Phragmipedium richteri
Étymologie : richteri en hommage à Walter Richter de Crimmitschau, Allemagne, célèbre cultivateur, hybrideur, photographe et auteur dans le monde des orchidées. Son nom fût donné à la plante à l’occasion de son 90e anniversaire.
Distribution : Pérou
Caractéristiques : Feuilles pouvant atteindre 70 cm de long. Staminode inversé, elliptique, orné d’une courte corne aux marges inférieures ; couvert densément de poils brun-foncé à sa base et sur sa marge latérale (le reste du staminode est couvert de courts poils). Inflorescence pouvant atteindre 140 cm de long, parfois ramifiée et qui peut durer, en culture, plus de 18 mois (les fleurs s’épanouissent les unes après les autres).
Phragmipedium tetzlaffianum
Étymologie : etzlaffianum en hommage au père de Allan Norman Tetzlaff, Norman Leo Tetzlaff qui offrit cette plante afin de la décrire.
Distribution : Venezuella
Caractéristiques : Très proche de Phragmipedium richterii, il se distingue par : un nombre moins important de feuilles par pousse. Des fleurs plus grosses, des pétales plus longs et intensément colorés, couverts de poils rouges à leur base. Synsépale plus long que le labelle, staminode ovale densément couvert de poils sur le bord supérieur, marge latérale et inférieure couverte de poils courts. Inflorescence à floraison simultanée mais arborant plus de fleurs au même moment.
Phragmipedium lindleyanum
Étymologie : Lindleyanum en hommage à John Lindley premier à avoir décrit cette espèce.
Caractéristiques : Feuilles longue, large possédant une marge jaune. Fleurs variant entre 7 et 9 cm de large. Labelle à ouverture circulaire, staminode de forme triangulaire portant une fine pointe très visible sur le bord inférieur.
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Phragmipedium lindleyanum :
Phragmipedium lyndleyanum
Phragmipedium hirtzii
Étymologie : hirtzii en hommage à Alexandre Hirtz qui découvrit la plante.
Distribution : Nord-ouest de l’Équateur, et sud-ouest de la Colombie.
Caractéristiques : plante lithophyte, poussant sur les cailloux près de petites rivières. Elle diffère des autres de la section par sa végétation cespiteuse et son staminode glabre. Les pétales latéraux sont long (3 à 4 fois la longueur du labelle) fortement torsadés et retombants.
Phragmipedium vittatum
Étymologie : vittatum signifie bordé, en référence aux marges jaunes des feuilles.
Distribution : Brésil, Bolivie entre 800 et 1 400 m.
Caractéristiques : Feuilles margées d’un liseré jaune, sépales sans ondulation, labelle sans sillon central marqué d’une large bande jaune verdâtre tout autour de la partie supérieure externe. Staminode triangulaire en forme de coeur.
Phragmipedium schlimii
Étymologie : schlimii en hommage à Louis Joseph Schlim qui découvrit la plante.
Distribution : Colombie dans la partie Est de la Cordillères
Caractéristiques : Feuillage lancéolé, large à ligulé ; pétales larges souvent ovales à rond jamais acuminés; sépales similaires aux pétales dans la forme mais plus petits. Les fleurs sont parfumées.
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Phragmipedium schlimii :
Phragmipedium schlimii
Phragmipedium fischeri
Étymologie : fischeri en hommage au collectionneur et hybrideur Jerry lee Fischer.
Distribution : Équateur vers 1 400m d’altitude.
Caractéristiques : Feuillage similaire à P. besseae ; fleur semblable à P. schlimii, seule la couleur diffère. Chez P. fischeri, elles sont beaucoup plus colorées et sont presque entièrement rose foncé ; staminode blanc taché de jaune dans sa partie supérieure et d’un « V » de couleur rose foncé dans sa partie inférieure, le staminode est plutôt quadrangulaire. Les plantes poussent près de petites rivières, en plein soleil et sont constamment exposées à un vent fort.
Phragmipedium besseae
Étymologie : besseae en hommage à Elizabeth Locke Besse qui découvrit la plante.
Distribution : Équateur et Pérou
Caractéristiques : Petites feuilles elliptiques ; long rhizome; pétale généralement ovale et large à l’apex; fleur lumineuse de couleur orange-rouge foncé à saumon foncé. Suivant la provenance la couleur des plantes varie. Malheureusement les deux origines ont été croisées et depuis il est presque impossible de localiser l’origine d’une plante achetée dans le commerce.
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Phragmipedium besseae :
Phragmipedium besseae
Phragmipedium dalessaondroi
Étymologie : Dalesandroi en hommage à Denis D’Alessandro qui découvrit la plante.
Distribution : sud de l’Équateur, à une altitude comprise entre 900 et 1 300 m.
Caractéristiques : rhizome court ; inflorescence laineuse souvent ramifiée ; pétales retombant ; staminode rhomboïde à apex bilobé ; fleur allant du rouge à l’orange.
Phragmipedium kovachii
Étymologie : kovachii en hommage àMichael Kovach de Goldvein (Virginie) qui déposa la plante au Marie Selby Garden’s pour la décrire.
Distribution : Pérou à environ 2 200 m d’altitude
Caractéristiques : plante cespiteuse ; feuilles au nombre de 3 au minimum, de 30 à 65 cm sur 4,5cm; inflorescence de 30 cm pubescente et pourpre ; fleur très belle et grosse (minimum 9 cm pour aller jusqu’à 15 cm) ; sépales vert rosé pâle, striés de pourpre ; pétales pourpre foncé, jusqu’à 7 cm de long pour 4,5 cm de large, elliptiques, arrondis, courbés en arrière ; labelle pourpre plus clair à l’intérieur, marge interne jaune, trilobé, courbé vers l’intérieur pour les lobes latéraux , le troisième est enflé ; staminode pourpre avec apex blanc, de 1 cm de haut pour 2 cm de large, obtus, avec marges latérales et une extrémité triangulaires.
Quelques hybrides
Les hybrides sont très nombreux et nous nous contentons ici de vous présenter quelques uns des plus fréquemment rencontrés dans le commerce. NB : Cliquez sur la vignette pour afficher la photo !
Phragmipedium Olaf Gruss :
Phragmipedium Olaf Gruss
Phragmipedium Anne Popow :
Phragmipedium Hannah Popow
Phragmipedium Eric Young :
Phragmipedium Eric Young3
Phragmipedium pearceiXcaudatum :
Phragmipedium PearceiXcaudatum
Phragmipedium pearceiXschlimii :
Phragmipedium PearceiXSchlimii
Cultiver les Phragmipedium
Les Phragmpediumi. sont d’une relative facilité de culture contrairement à leurs cousins Paphiopedilum. Une fois la plante adulte (âge de la première floraison) la production végétative est vraiment rapide, il n’est pas rare d’avoir deux voire trois nouvelles pousses par an. Comme on l’a vu plus haut, les Phragmipedium sont principalement épiphytes mais baignés dans une humidité très élevée. Ainsi ces caractéristiques doivent être prises en compte dans la composition du compost. On rencontre aussi de nombreux phragmipedium près des chutes d’eau où ils sont complètement immergés lors de fortes pluies! Disons-le de suite les Phragmipedium ne sont pas des plantes qui supportent les longues périodes de sécheresse. C’est pourquoi on lit souvent que l’on peut les cultiver les pieds dans l’eau. C’est aussi une des raisons de leur réussite en hydroculture, du moins pour les hybrides car certaines espèces ne supportent pas ce traitement. C’est le cas par exemple du Phragmipedium caudatum et de ces variétés. À ce propos il est remarquable de constater que la longueur des pétales de cette espèce varie suivant son mode de culture, en effet si ces derniers ne rencontre pas d’obstacle, ils continuent à se développer (jusqu’à une limite bien évidemment !) c’est un point qu’il faut avoir à l’esprit quand on cultive ces plantes. Si vous souhaitez obtenir le maximum de potentiel au niveau de la longueur de pétale cultivez-les suspendus ou posez-les sur un pot retourné afin de retarder le plus possible le contact avec le sol.
Luminosité
On peut classer les Phragmipedium en trois catégories :
– les Phragmipedium de le section Phragmipedium demandant une lumière plutôt forte équivalente à celle demandée par les Cattleya ;
– les Phragmipedium de la section Micropetalum qui eux demandent une lumière équivalente à celle fourni aux Phalaenopsis ;
– pour les autres sections un compromis entre les deux groupes ci-dessus semble leur convenir. La culture sous lumière artificielle donne d’excellents résultats avec les Phragmipedium besseae et Schlimii. À raison de deux tubes néons à 15 cm du feuillage 12 heures par jour, ils fleurissent sans problème.
Températures
Les Phragmipedium se développent parfaitement en milieu tempéré. Seul ceux de la section Micropetalum et principalement P. besseae et P. Schlimii demandent un peu plus de fraîcheur (dans ce cas on veillera à ne pas laisser les plantes dans un compost complètement saturé en eau).
Arrosage
C’est le point critique de ce genre. Comme on l’a vu plus haut les Phragmipedium adorent l’eau mais pas n’importe quel type. En effet celle-ci doit être « pauvre » en éléments dissous. Si l’eau est trop riche il y a apparition de pointes brunes et d’assèchement de l’extrémité des feuilles. Ce symptôme n’est pas signe d’un manque d’humidité mais d’une eau de qualité mauvaise. Ainsi si on cultive ses Phragmipedium « les pieds dans l’eau » on veillera à changer régulièrement l’eau de la soucoupe afin d’éviter d’une part toute prolifération bactérienne et d’autre part toute concentration excessive de sel dissous. L’eau idéale est bien évidemment l’eau de pluie. Mais on peut aussi utiliser de l’eau issue d’un osmoseur. Personnellement j’utilise de l’eau du robinet transformée à l’acide nitrique (Le pH de mon eau se situe aux environ de 5,8).
Engrais
Comme nous l’avons vu ci-dessus, l’eau d’arrosage des Phragmipedium ne doit pas être trop riche en éléments dissous, ainsi lors de l’apport d’engrais on veillera à diviser la dose prescrite par deux voire trois si on effectue un apport d’engrais à chaque arrosage avec rinçage du compost à l’eau « pure » tous les quatre arrosages. Le choix de l’engrais doit être réfléchi. Portez attention à la qualité de vos engrais et vérifiez qu’ils comportent en plus des classiques NPK des micro-éléments divers.
Rempotage
En raison du régime très humide que demandent les Phragmipedium il est préférable, si vous utilisez un compost à base de matières organiques, de les rempoter tous les ans (c’est aussi un bon moyen de diviser les touffes qui chez certaines espèces ou hybrides prennent une taille considérable avec les années !) Le compost doit retenir beaucoup d’humidité tout en étant aéré. Mais il n’y a pas de recettes miracles quant à la culture de ce genre. En fait le choix du compost doit dépendre de votre manière de cultiver les plantes. Il faut simplement savoir que les Phragmipedium ne doivent jamais sécher complètement.
Ventilation et humidité
En raison de l’humidité élevée au niveau des racines, un apport d’air est vraiment bénéfique pour les plantes et une atmosphère autour de 50% d’humidité dans l’air leur convient tout à fait.
Parasites et maladies
Les larges feuilles de ces plantes sont des hôtels parfaits pour les cochenilles. Pour les maladies attention à la pourriture du collet de la plante par manque de ventilation !
Vous pourrez trouver des informations complémentaires (en anglais) sur le site internet : www.phragweb.info
Marc Flandre



Voici maintenant deux photos pour aider à répondre au commentaire n°2 ci-dessous : Jérémy a rempoté ses plantes en 2009 avec un mélange renfermant spagnum , puzzolane et écorce de pin . La première photo permet de vaguement identifier l'espèce , la seconde permet de voir l'état de la plante et du substrat:
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